
Les travailleurs malgaches sont désormais au nombre de 9 995 à l’île Maurice, selon les dernières statistiques publiées par le ministère mauricien du Travail et des Relations industrielles. Ils constituent la troisième communauté de travailleurs étrangers dans le pays, derrière les Indiens et les Népalais, mais devant les Bangladais.
Dans le détail, les statistiques font état de 7 797 hommes et 2 198 femmes. Le secteur du textile demeure le principal employeur de la main-d’œuvre malgache, malgré les difficultés auxquelles cette filière est confrontée depuis plusieurs mois. À côté de ces salariés déclarés, un nombre important de Malgaches vivraient toutefois en situation irrégulière, sans qu’aucune donnée officielle ne permette d’en mesurer l’ampleur. Face à cette situation, les autorités mauriciennes ont renforcé les opérations de contrôle et les arrestations pour diverses infractions liées à l’immigration.
La traque s’intensifie
Depuis des semaines, policiers et clandestins semblent jouer au chat et à la souris. Dès les premières heures de la matinée, y compris le dimanche, les forces de l’ordre effectuent des descentes inopinées dans les logements occupés par des étrangers soupçonnés d’être sans papiers. Les contrôles sont rapides et laissent peu de place à la négociation. Ainsi, les sanctions ne concernent pas uniquement les travailleurs en situation irrégulière. Les sociétés qui emploient des clandestins risquent elles aussi de lourdes peines, dans le cadre du renforcement des contrôles. Par ailleurs, à Madagascar, les recrutements pour travailler à Maurice continuent pourtant de se multiplier. Si certaines agences exercent légalement, d’autres profitent de la forte demande pour organiser des départs irréguliers ou faire voyager des candidats avec de simples visas touristiques. Une fois sur place, ces derniers se retrouvent à exercer une activité professionnelle sans les autorisations requises, une pratique qui contribuerait fortement à l’augmentation du nombre de travailleurs malgaches en situation irrégulière. À cela s’ajoutent les réseaux d’escroquerie qui promettent un emploi sans respecter les procédures légales.
Pénurie de main-d’œuvre
Maurice offre certes de nombreuses opportunités d’emploi, notamment dans les secteurs de l’hôtellerie, de la construction et des services. Mais le pays applique avec rigueur sa législation en matière d’immigration. Tout travailleur étranger doit impérativement être titulaire d’un permis de travail et d’un permis de résidence avant d’exercer une activité professionnelle. L’absence de ces documents place de nombreux expatriés dans une situation de grande vulnérabilité. Dépourvus de statut légal et, dans certains cas, de contrat de travail, ils éprouvent des difficultés à faire valoir leurs droits. Certains deviennent ainsi victimes d’abus de la part d’employeurs peu scrupuleux, dans des conditions parfois assimilées à de l’exploitation. Les opérations de contrôle devraient se poursuivre dans les prochaines semaines. Une situation qui rappelle que, malgré les nombreuses opportunités d’emploi offertes par l’île Maurice, le respect des procédures administratives demeure la seule garantie, pour les travailleurs étrangers, d’exercer leur activité en toute légalité et de bénéficier de la protection prévue par la loi.
Manjato Razafy


