
Les discussions sur la revendication des Îles Éparses par la commission franco-malgache étaient au point mort depuis 2019. La reprise est de nouveau discutée entre les deux parties.
La question des îles Éparses a suscité un intérêt particulier dans la relation franco-malgache. En septembre de l’année dernière, la reprise des discussions était déjà dans les tuyaux. Et récemment, une source au courant du dossier a indiqué que la « reprise des négociations dans le cadre de la commission mixte franco-malgache pourrait reprendre vers le mois de Juin prochain ». Même si aucune date fixe ne fait pour l’instant l’objet d’une décision entre les gouvernements malgache et français, la tenue de la deuxième réunion de la commission serait déjà sur la bonne voie, a indiqué notre source. Le gouvernement malgache garde son intérêt pour le sujet. Mais en France, les échéances électorales des prochains jours préoccupent toujours le pouvoir français, et « la détermination de la date pourrait attendre la nouvelle donne politique qui s’annonce à l’issue de l’élection présidentielle de ce mois d’avril et des législatives de juin prochain », a glissé notre source. La deuxième réunion de la commission mixte pourrait alors se tenir après mi-juin prochain, si on se fie à notre source. La capitale française est, cette fois-ci, choisie pour accueillir ce second round après une première partie hébergée par Madagascar.
Émissaires. Depuis 2019, la revendication des Îles Éparses a été placée au centre des préoccupations de la diplomatie malgache. En novembre 2019, une commission franco-malgache avait tenu sa première réunion pour traiter le sujet. Des émissaires du gouvernement français, dépêchés à Antananarivo et conduits par Marcel Escure, ambassadeur chargé de la coopération régionale dans l’océan Indien, aux côtés de Rémi Marechaux, Arnaud Suquet, Didier Ortolland et de Jean Pierre Balcou, soutenus par l’ambassadeur de France à Madagascar, Christophe Bouchard, se sont mis autour d’une table avec des représentants du gouvernement malgache, dirigés, quant à eux, par le Premier ministre, Christian Ntsay, afin d’entamer les premiers pas des négociations sur le sort des Îles Éparses. Mais la crise sanitaire qui a débuté avec l’année 2020 a fait tomber à l’eau le projet de poursuite des pourparlers. Cette commission mixte a dû interrompre les travaux à cause de la pandémie. La réunion prévue se tenir en mars 2020 a été jetée aux oubliettes à cause de la situation sanitaire qui ne l’a pas permise. Depuis, la commission a été mise en veilleuse. Néanmoins, le dossier a connu des rebondissements.
Sénat français. Le président de la République veut la restitution des îles Juan de Nova, Bassas da India, Europa et Les Glorieuses, toujours sous la souveraineté française. Au Sénat français, la droite majoritaire s’oppose à toute idée de restitution de ces îles. En 2020, un rapport d’un groupe d’étude de sénateurs français a recommandé au gouvernement Macron de « poursuivre une gestion vigilante, intense et intelligente de ces îles extraordinaires qui assurément constituent un patrimoine exceptionnel et essentiel à la gestion de l’évolution climatique et biologique en cours ». « La souveraineté de la France est évidente, mais il convient de l’exercer avec la responsabilité car c’est d’un bien commun de l’humanité dont il s’agit », ont soutenu, à cette époque, les sénateurs français.
Réserve naturelle. Le gouvernement français a, en effet, renforcé sa mainmise sur les îles Éparses dans le cadre de la classification des îles Glorieuses en réserve naturelle. Ce projet français de faire de ces îles une réserve naturelle, qui a fait irruption en mai 2020, a interpellé la partie malgache qui n’a pas hésité, de son côté, à le dénoncer « avec fermeté ». Cette initiative française a attiré des critiques les plus acerbes de la part de la partie malgache et une mobilisation presque générale des partisans du chef de l’Etat. Les députés de la majorité, quant à eux, ont manifesté leur objection à l’encontre du projet du gouvernement d’Emmanuel Macron. L’Exécutif a porté la dénonciation auprès des instances internationales, notamment au niveau des Nations unies et de l’Union africaine.
Stand-by. La division est toujours manifeste entre Madagascar et la France sur le dossier, à tel point que la question de ces îles de l’océan Indien a été évoquée lors de l’entretien entre le président de la République et son homologue français, Emmanuel Macron, à Paris, en août 2021 dernier. Cette rencontre a relancé le sujet. Puis, à l’issue d’une rencontre entre l’ancien chef de la diplomatie malgache, Patrick Rajoelina, et l’ambassadeur français Christophe Bouchard, le 6 septembre 2021, le ministère des Affaires étrangères a déclaré que « la poursuite des travaux de la commission mixte relative aux “Nosy Malagasy” a été évoquée durant la visite de courtoisie effectuée par l’ambassadeur de France ». Mais aucune date n’avait été avancée. Le dossier est toujours en stand-by.
Rija R.




