
La dernière déclaration du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique, Denis Franconio Mac, sur le salaire minimum a fait jaser sur les réseaux sociaux. Entre réalisme, défaitisme et enthousiasme mesuré des « facebookeurs » et « facebookeuses » malgaches. Dont voici quelques perles. « Le secteur privé toujours pris en otage », met en lumière un internaute. Une autre renchérit : « Et pourquoi embauche uniquement mais pas toutes les catégories d’emploi ?? ». D’autres perles encore : « À quoi sert d’augmenter de 10% si l’inflation est de 20%, et si vous augmentez de 20%, c’est les PME qui vont cesser activité ». Des plus virulents : « Et pourquoi vous ne baissez pas le coût de la vie, vos salaires et vos avantages ? Beaucoup vont licencier ». Même topo : « Diminuer d’abord les avantages faramineux en haut lieu ». Décidément, les réseaux sociaux ne sont pas tendres ces temps-ci. « Baissez l’IRSA, aucune redevabilité n’est perçue ». Les pessimistes sont légion : « Une hausse, toujours le même IRSA = futilité ». Les soi-disant réalistes ne sont pas en reste : « L’urgence est la création d’emploi et d’augmenter le pouvoir d’achat des Malgaches ».
Dans un pays qui importe plus qu’il ne produit, dans un pays où les secteurs stratégiques sont aux mains d’étrangers, il est toujours permis de rêver. Entre le doute et l’espoir, depuis 2009, c’est une manière, pour les dirigeants, de bercer la participation de plus de 6% de la population active. Un pourcentage de minus, face à 95% qui travaillent dans le secteur informel. Tout en asphyxiant la classe moyenne, au profit d’une bureaucratie « machine à vapeur ». D’un autre côté, les ascenseurs sociaux comme l’éducation et la formation deviennent des trous noirs. L’avenir de plusieurs générations est pris en otage. Les chiffres concernant les jeunes prostituées, « tik-tok » en vitrine, et la montée de la drogue dure chez cette jeunesse désœuvrée sont des signes avant-coureurs. Les pires prévisions estiment que leurs fils et leurs filles vont venir dans un Madagascar encore méconnu jusqu’ici. Les concerts des stars internationales, les humeurs de péquenauds sur « Facebook », les scandales du marigot politique, les arrestations de fous du roi… ont toujours été, depuis 2009, la manière d’entretenir l’espoir d’un monde meilleur. L’infantilisation du peuple avant tout.
Maminirina Rado


