- Publicité -
mardi, octobre 6, 2026
- Publicité -
AccueilEconomieIndustrie agroalimentaire : Une filière handicapée par le manque de structuration, selon...

Industrie agroalimentaire : Une filière handicapée par le manque de structuration, selon Jonah Andriamanantoanina

Malgré l’importance de l’agriculture dans l’économie et les moyens d’existence de la population, Madagascar peine encore à développer une véritable industrie de transformation des produits agricoles.

Pour Jonah Andrianantoanina, cette situation s’explique notamment par une structuration encore insuffisante des filières agricoles.

Meilleure coordination

L’économiste cite la fragmentation de la production et des producteurs comme l’une des principales difficultés à résoudre. Il constate notamment une forte hétérogénéité de la qualité des produits et une offre qui ne permet pas toujours de répondre de manière régulière aux exigences des entreprises de transformation. À cela s’ajoute l’absence de marchés suffisamment stables et structurés. « Pour qu’une industrie agroalimentaire puisse se développer, elle doit pouvoir disposer de matières premières en quantité suffisante, de qualité régulière et à des conditions permettant de garantir la rentabilité des investissements », soutient Jonah Andriamanantoanina, qui milite pour une meilleure coordination entre les différents acteurs. « Producteurs, collecteurs, transformateurs, distributeurs et investisseurs doivent pouvoir être davantage intégrés dans une même chaîne de valeur », explique-t-il, en ajoutant que cette faiblesse de l’intégration constitue également un frein à l’industrialisation. « En l’absence de débouchés clairement identifiés et de relations durables entre producteurs et entreprises, les investissements dans les unités de transformation restent difficiles à sécuriser. »

Valeur ajoutée

Une manière d’expliquer que le problème se situe aussi au niveau de la valeur ajoutée. « Produire davantage ne suffit pas si une grande partie des produits agricoles est commercialisée sous leur forme brute ou faiblement transformée. La transformation permet de conserver une plus grande partie de la valeur créée à Madagascar, tout en développant de nouvelles activités industrielles, des emplois et des débouchés pour les producteurs ». L’enjeu consiste ainsi à passer progressivement d’une agriculture principalement orientée vers la production et la commercialisation de matières premières à une agriculture davantage intégrée dans des chaînes de transformation et de commercialisation. Cette évolution pourrait concerner aussi bien les produits vivriers destinés au marché intérieur que les produits d’exportation. Elle suppose cependant des investissements importants dans les infrastructures, les équipements, la logistique, le stockage, la chaîne du froid et les unités de transformation.

Cadre fiscal incitatif

Jonah Andriamanantoanina soutient aussi que le développement simultané de l’agriculture, de l’élevage et de l’industrie nécessite une politique de développement audacieuse, capable de dépasser les interventions dispersées et de favoriser l’émergence de véritables chaînes de valeur. Des projets d’envergure pourraient notamment permettre de rapprocher les zones de production des unités industrielles et de créer les conditions d’une transformation plus importante des produits agricoles. L’un des enjeux majeurs réside également dans la capacité des entreprises à investir durablement à Madagascar. C’est justement dans cette perspective que l’économiste milite pour la mise en place d’un environnement fiscal incitatif, stable et attractif. Grâce à cela, on pourrait donner davantage de visibilité aux investisseurs et réduire les incertitudes qui peuvent freiner les décisions d’investissement dans des activités industrielles nécessitant souvent des capitaux importants et une rentabilité sur le moyen ou le long terme. « La stabilité du cadre fiscal et réglementaire apparaît comme un élément essentiel. Un investisseur dans l’agroalimentaire doit pouvoir avoir une visibilité suffisante sur ses coûts, ses débouchés et les règles qui encadreront son activité », conclut Jonah Andriamanantoanina.

R.Edmond.

- Publicité -
- Publicité -
Suivez nous
502,213FansJ'aime
22,466SuiveursSuivre
8,516SuiveursSuivre
2,891AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici