Alors que les engagements de dépenses et les travaux routiers connaissent actuellement une accélération, une étude de la DGEP montre l’enjeu économique de cet effort : la réhabilitation et l’entretien du réseau pourraient générer jusqu’à 1,11 point de PIB supplémentaire. En effet, le mauvais état des routes malgaches n’est pas seulement une contrainte pour les déplacements. Il représente un véritable manque à gagner pour l’économie. Près de 90 % du réseau n’est pas revêtu et seulement 11,4 % de la population rurale vit à moins de deux kilomètres d’une route praticable en toute saison. Dans un pays où la route concentre l’essentiel des flux intérieurs, cette faiblesse infrastructurelle pèse directement sur les échanges, les coûts logistiques et la production. L’accélération actuelle des engagements de dépenses et des travaux routiers prend ainsi une dimension économique particulière. Une étude réalisée par la Direction générale de l’Économie et du Plan, au sein du ministère de l’Économie et des Finances, évalue ce que pourrait rapporter l’amélioration du réseau. Selon ses simulations, la réhabilitation et l’entretien des routes entraîneraient une hausse de 43,2 % du trafic total, soit 637 743 véhicules supplémentaires par an. Le fret progresserait de 21,7 % et le transport de voyageurs de 45,6 %.
Retombées. Cette amélioration se répercuterait largement au-delà du secteur routier. La valeur ajoutée des transports augmenterait de 17,2 %, avec des effets d’entraînement sur le commerce, les services aux entreprises, les banques et assurances, ou encore les équipements. Au total, l’impact sur le PIB est évalué à +1,11 %. Un chiffre qui peut également être interprété comme une estimation du manque à gagner lié à l’insuffisance des interventions routières. L’étude livre surtout un enseignement majeur pour les arbitrages publics : les investissements les plus lourds ne sont pas toujours ceux qui produisent le rendement économique global le plus important. L’entretien périodique des axes structurants concentrerait 52,1 % du gain total de trafic, contre 36,8 % pour les réhabilitations lourdes et 11,2 % pour le bitumage des pistes. Selon cette logique, intervenir rapidement sur une route déjà très fréquentée évite sa dégradation et protège immédiatement des flux économiques importants. Entretenir aujourd’hui coûte donc moins cher à l’économie que reconstruire demain. Dans ce contexte, l’accélération des chantiers routiers ne relève pas uniquement d’une politique d’infrastructures. Elle peut être considérée comme un levier de croissance : chaque axe remis en état réduit progressivement les pertes liées à l’enclavement, facilite la circulation des biens et rapproche l’économie de son potentiel réel.
Antsa R.


