
La société de l’ex-Président risque de faire face incessamment à des difficultés pour payer ses charges sociales ainsi que les salaires de ses employés.
Scandale sur scandale
Énième dossier louche et/ou chaud qui risque de ternir davantage l’image du régime de la Refondation. De source concordante, les tenants du pouvoir auraient pris la décision de geler les comptes bancaires de la société INJET. D’après les informations, cette société appartenant à l’ancien Président Andry Rajoelina ferait actuellement l’objet d’une enquête judiciaire dans le cadre de l’affaire des tables-bancs impliquant l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Sahondrarimalala Marie Michelle. Reste à savoir si ce gel de comptes est lié à cette procédure judiciaire. Les faits se seraient déroulés la semaine dernière. Selon notre source, trois comptes de la société INJET auraient été concernés par cette initiative. Mais ce qui intrigue les observateurs, c’est que le gel en question n’a duré que quelques heures car, ayant été bloqués dans la matinée, les comptes ont été rouverts dans l’après-midi. Mais, bizarrement, les trois comptes ont tous été vidés complètement. Les responsables d’INJET auraient découvert, après cette suspension temporaire, qu’il n’y avait plus aucun solde et que tout l’argent de la société s’est volatilisé comme par magie. Pour l’heure, nous n’avons obtenu aucune information concernant le montant exact de la somme d’argent qui a été saisie. D’autant plus qu’à ce jour, aucune communication officielle n’a été faite, ni de la part des autorités judiciaires ni de la part de la société concernée. Notre source a toutefois laissé entendre que c’est l’Agence de recouvrement des avoirs illicites (ARAI), à la demande du Pôle anti-corruption d’Antananarivo, qui aurait réalisé cette opération contre la société de la famille Rajoelina. Nul n’ignore pourtant qu’INJET a été créée par Andry et Mialy Rajoelina en 1999, c’est-à-dire bien avant l’époque où l’ancien Président a fait ses débuts en politique.
Zéro ariary
En tout cas, transparence et clarification sont de mise dans cette affaire afin de lever toute suspicion de règlement de comptes politique car bon nombre d’observateurs estiment qu’il s’agit d’une démarche visant l’élimination politique de l’ex-Président. Car, à en croire notre source, pour le moment, la société INJET n’a fait l’objet d’aucune enquête judiciaire ni même d’aucune convocation auprès d’un officier de police judiciaire. Aucun jugement n’a non plus été prononcé à son encontre. À titre de comparaison, pour ce qui est du cas des sociétés appartenant à l’opérateur économique Mamy Ravatomanga, la décision de gel de tous les comptes ouverts à son nom a été prononcée par la juridiction de premier degré du Pôle anti-corruption (PAC) le 12 novembre 2025. Avec zéro ariary sur ses comptes, INJET risque de rencontrer incessamment des difficultés pour payer les charges sociales de la société ainsi que les salaires de ses employés. Outre le volet politique, il faudrait s’attendre aussi à des répercussions socio-économiques. Faut-il rappeler qu’en créant INJET et DOMAPUB, l’ancien Président Andry Rajoelina est considéré comme le pionnier dans le domaine de la publicité, de la technologie de l’impression numérique et de l’affichage grand format à Madagascar. C’est ce qui lui avait permis de remporter le Trophée du jeune entrepreneur, organisé par la Société BNI en 2003. À l’allure où vont les choses, INJET risque de devenir une énième société typiquement malgache détruite pour des raisons politiques.
Davis R




