
À Madagascar, une innovation discrète pourrait bien transformer la lutte contre le paludisme. En combinant intelligence artificielle et participation citoyenne, des chercheurs ont mis en place un système inédit de surveillance des moustiques. Tout est parti d’une simple photo prise par un habitant d’Antananarivo, qui montrait une larve repérée dans un pneu abandonné. Transmise via une application mobile, l’image a ensuite été analysée par une IA capable d’identifier les espèces. Le résultat est inédit : la détection potentielle d’un moustique invasif redouté, Anopheles stephensi, connu pour sa capacité à proliférer en milieu urbain.
Collective
Cette approche marque un tournant. Traditionnellement, la surveillance des moustiques repose sur des méthodes coûteuses et limitées, comme les pièges ou les analyses en laboratoire. Désormais, chaque citoyen équipé d’un smartphone peut devenir un acteur de santé publique. L’intelligence artificielle accélère le processus d’identification, offrant un système d’alerte précoce plus réactif. Des défis subsistent cependant. On peut citer l’accès inégal aux technologies, le manque de sensibilisation et le besoin d’équipements adaptés. Malgré cela, cette collaboration entre humains et machines ouvre la voie à une surveillance plus efficace et participative, essentielle face aux menaces sanitaires émergentes.
Recueillis par José Belalahy


