
Les 5 officiers supérieurs de l’Armée qui sont à la tête du pays, ainsi que les ministres des Forces armées, ont du pain sur la planche et sont désormais contraints de faire preuve d’ingéniosité pour mettre fin à cette situation d’inquiétude généralisée.
Un mort et deux blessés
C’est le bilan de l’attaque survenue hier à 9 heures du matin au marché d’Anosibe. Les braquages et les actes de banditisme deviennent une routine dans ce quartier populaire du quatrième arrondissement. Pas plus tard que la semaine dernière, deux commerçants ont également été pris pour cibles. Contacté hier, un commerçant a expliqué que, tous les jours, plusieurs attaques sont recensées à Anosibe et que les malfaiteurs n’hésitent plus à se servir d’armes à feu pour ôter la vie à leurs victimes. Fait intrigant, les faits se déroulent généralement en plein jour. Mais l’insécurité ne concerne pas seulement Anosibe et la capitale. C’est tout le pays qui subit la recrudescence de ce fléau. Hier matin, le quartier d’Ankarinarivo, commune de Soavina, à Antsirabe, a été secoué par l’attaque meurtrière visant une petite famille, qui s’est soldée par la mort d’un père de famille et l’enlèvement de son fils, tandis que la jeune mère a été grièvement blessée. Parmi les actes de banditisme qui ont défrayé la chronique ces derniers temps figurent, entre autres, le décès d’un employé de la société La Gastronomie Pizza, abattu par des policiers en patrouille à la suite d’un vol à la tire, l’assassinat d’un couple à Ambohibao Antehiroka, le meurtre d’un jeune fan de heavy metal à Anosipatrana, l’attaque à main armée qui a coûté la vie à une femme de 42 ans, mère de trois enfants, à Andavamamba, la série de braquages contre les cash points à Tana et à Toamasina, ainsi que la reprise des attaques sur les routes nationales.
Psychose
Décidément, la première année de pouvoir de la Refondation a surtout été marquée par la recrudescence des actes de grand banditisme. Durant le premier semestre de cette année, un climat de psychose générale s’est installé à Antananarivo à cause de la vague d’enlèvements et de disparitions de personnes, qui avait fait de nombreuses victimes. Le bilan de ce phénomène, que les autorités avaient qualifié de tentative de déstabilisation et de terrorisme, avait fait plus de 200 cas de disparition. Plus de 80 personnes ont été retrouvées saines et sauves, tandis qu’une cinquantaine était restée introuvable. Au mois de juillet, le gouvernement avait même décrété une journée de deuil nationale à la suite de la découverte de plusieurs corps. En tout cas, le fléau de l’insécurité devient un énorme défi à relever pour le régime de la Refondation. Les 5 officiers supérieurs de l’Armée qui sont à la tête du pays, ainsi que les ministres des Forces armées, ont du pain sur la planche et sont maintenant contraints de faire preuve de fermeté et d’ingéniosité pour mettre fin à cette situation d’inquiétude généralisée. En tout cas, la célébration de la journée du 14 octobre, marquant la naissance de la première République de Madagascar, s’est déroulée hier sur fond d’insécurité grandissante.
Davis R




