Malgré les opérations de sécurisation menées par les forces de l’ordre, les attaques contre les usagers des routes nationales connaissent un regain inquiétant ces derniers jours. En l’espace de quelques nuits seulement, trois attaques ou tentatives d’attaque ont été signalées sur les RN4, RN7 et RN35, rappelant le spectre des coupeurs de route, qui avait pourtant marqué un net recul ces derniers mois.
Embuscade sur la RN7. La dernière attaque en date s’est produite dans la nuit du 21 juillet sur la RN7, au nord de Camp Robin. Un taxi-brousse Sprinter de la coopérative Kofifi, assurant la liaison Antananarivo-Toliara, a été pris pour cible par des individus armés. Des troncs d’arbres et de grosses pierres avaient été placés en travers de la chaussée. Surpris par l’obstacle, le chauffeur n’a pas pu faire demi-tour et a été contraint d’immobiliser son véhicule. Les assaillants, embusqués dans les broussailles, ont alors surgi pour dépouiller l’ensemble des passagers. Argent, téléphones portables, sacs et divers effets personnels ont été emportés. Les malfaiteurs ont également brisé les vitres du véhicule. Plusieurs voyageurs ont été légèrement blessés par des éclats de verre, mais aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée.
Intervention sur la RN4. La veille, dans la nuit du 20 juillet, une autre attaque a été évitée de justesse sur la RN4, au niveau du pont Jakoba, dans le secteur d’Ambalanjanakomby. Selon les informations recueillies, cinq individus projetaient de s’en prendre à un véhicule immobilisé à la suite d’une panne. Alertés à temps, les gendarmes sont rapidement intervenus sur les lieux. À leur arrivée, les suspects ont pris la fuite. Durant leur retraite, ils ont toutefois ouvert le feu sur un véhicule de transport de voyageurs circulant dans la zone. Le bus a subi des dégâts matériels au niveau des vitres et de la carrosserie, sans faire de victime. L’intervention rapide des éléments de la gendarmerie a permis d’éviter une attaque qui aurait pu avoir de lourdes conséquences.
Un mort sur la RN35. Deux jours plus tôt, dans la nuit du 18 juillet, un convoi de commerçants a également été attaqué sur la RN35, à Andohasakalava, dans le district d’Ambositra. Huit coupeurs de route avaient érigé une barricade composée de pierres et de troncs d’arbres. Les malfaiteurs ont tiré avec une arme à feu et lancé des projectiles contre les véhicules, endommageant notamment le pare-brise de l’un d’eux. Le scénario a cependant tourné court avec l’arrivée inopinée d’une patrouille de gendarmerie chargée de la sécurisation des commerçants. Un échange de tirs s’est ensuivi. L’un des assaillants a été abattu, tandis que ses complices ont réussi à s’enfuir, certains étant soupçonnés d’avoir été blessés. Une arme artisanale, une hache, un sabre, des munitions et divers effets ont été retrouvés sur le corps du suspect.
Retour inquiétant. Ces trois événements survenus en moins d’une semaine témoignent d’un retour préoccupant des attaques routières sur plusieurs axes stratégiques du pays. Ils interviennent pourtant dans un contexte marqué par le renforcement des patrouilles et des dispositifs de sécurisation. Les malfaiteurs semblent privilégier les opérations nocturnes, profitant de l’isolement de certains tronçons et de l’intensification des déplacements liée à la période des vacances. Face à cette recrudescence, les forces de l’ordre multiplient les appels à la vigilance et à la collaboration de la population. Les usagers sont notamment invités à signaler sans délai tout mouvement suspect, obstacle inhabituel ou véhicule en difficulté pouvant servir de prétexte à une embuscade. Une chose est certaine : les routes nationales restent plus que jamais sous surveillance, mais les coupeurs de route semblent déterminés à tester à nouveau les dispositifs de sécurité mis en place.
T.M.




