
Un an après la pression exercée par la Gen Z sur le coût d’accès à internet, le marché de la téléphonie mobile montre des signes de recomposition.
De nouvelles offres apparaissent, alors que le projet de loi sur les communications électroniques et les infrastructures numériques attend son examen à l’Assemblée nationale. Une baisse jugée timide. Le coût de l’internet s’est imposé parmi les revendications de la Gen Z aussitôt le nouveau régime installé. Le 30 octobre 2025, le collectif estimait que « l’accès à internet ne doit plus être un privilège réservé à quelques-uns, mais un droit accessible à tous ». Le gigaoctet coûtait alors en moyenne près de 5 000 ariary chez les trois principaux opérateurs. Après plusieurs semaines de bras de fer avec le gouvernement, Yas, Orange et Airtel ont fini par accepter une révision de leurs tarifs début décembre 2025. Les premières propositions avaient toutefois laissé tout le monde sur sa faim et une bonne partie de l’opinion y a vu un minimum syndical, voire une démarche concertée.
Deux fois et demie à près de cinq fois plus. Ces dernières semaines, les choses semblent évoluer. Depuis le 1er octobre, Orange a revu son offre, à la fois pour l’internet et la voix. L’opérateur propose notamment 1 Go à 1 000 ariary pour 24 heures, 3 Go à 5 000 ariary pour sept jours et 20 Go à 30 000 ariary pour trente jours. Ses forfaits internet ne distinguent plus les volumes de jour et de nuit. L’opérateur recompose également ses offres vocales, avec des minutes valables vers tous les réseaux nationaux, sans distinction.
Un secteur paradoxal. Des offres tranchant clairement avec la concurrence apporteraient un nouveau souffle à un secteur paradoxal. La meilleure illustration en est le décalage entre le nombre d’abonnements mobiles, 21,8 millions, soit environ deux tiers de la population, et le taux de pénétration d’internet, qui plafonne à 20,4 %. Seul un Malgache sur quatre possède un smartphone. Ces mouvements interviennent alors que le projet de loi n° 040/2026 relatif aux communications électroniques et aux infrastructures numériques, déposé le 28 août dernier par le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications, attend d’être examiné par l’Assemblée nationale. Le texte vise, selon le ministère, à « ouvrir la concurrence sans décourager l’investissement ». Une ouverture qui pourrait profiter à de nouveaux entrants : en janvier dernier, le ministère faisait état de l’intérêt de trois investisseurs étrangers, dont deux opérateurs de téléphonie mobile et une société envisageant des services par satellite géostationnaire. Starlink est par ailleurs déjà présent sur le marché. Affaire à suivre.
Edmond R.




