
Celui qui cherche, trouvera. Ces jeunes historiens ont fouillé, ils ont découvert un souvenir du passé. La jouissance se voyait sur leurs visages. Les trois jours de labeur ont porté leurs fruits. Un voyage d’études très enrichissant.
Sueurs au front, cheveux et mains couvertes de poussières, les étudiants en L3 du département d’Histoire à la Faculté des lettres et des Sciences Humaines de l’Université d’Antsiranana ont déterré un couvercle d’une marmite datant du IX ou Xème siècle, lors de leur voyage d’étude sur la baie d’Antsiranampatsa – Irodo à 4 km de la forêt du Tsingy Rouge, vendredi 30 septembre dernier. Bon nombre des chercheurs ont retroussé leurs manches, se sont mis à creuser pendant plusieurs jours mais n’ont pas réalisé l’exploit de ces universitaires.
Coup d’essai, coup de maître ! Encadrés par leurs enseignants Georges Radebason et Sylvain Velomora, ces jeunes universitaires ont effectué leur premier terrain. Ces jeunes « Indiana Jones » ont détecté des « trésors » sous leurs pieds. « Cette découverte confirme la présence humaine ancienne de la partie septentrionale de la Grande île. La recherche archéologique sur ce site est fortement encouragée pour avoir plus d’idées sur les occupants de l’endroit et leurs activités. Nous avons trouvé des poteries, des scories, donc probablement ils ont maîtrisé la transformation métallurgique et pratiqué du commerce. La matière première utilisée pour la fabrication de marmite de cette époque est la vaton-dRasikajy, une matière trouvée sur toute la zone littorale du Nord-Est », a expliqué l’enseignant-chercheur Georges Radebason.
Irodo, l’un des sites archéologiques le plus ancien de Madagascar, est un passage obligé pour tous les archéologues renommés du pays. Située à environ 75 km de la ville de Diego-Suarez, cette contrée regorge de vestiges. Témoin de la protohistoire malgache, et de la région Diana en particulier, le village est un lieu de mémoire.
Le passé sert à prévoir le futur. Jusqu’ici, les travaux de recherches sont considérés comme élémentaires pour l’Etat malgache. Faut-il rappeler que l’histoire est la racine d’un peuple ? Ils sont l’avenir du pays. Des futurs érudits conscients de leur devoir. Le gouvernement doit faire preuve de reconnaissance envers ces étudiants ainsi que leurs encadreurs qui ont posé leur pierre à l’édifice d’une nation en perpétuelle construction ! Ils ont fait remonter en surface un passé enfoui. Par ailleurs, Irodo doit être jalousement conservé, suivant les normes internationales, car ce lieu n’a rien à envier aux autres sites archéologiques qui se trouvent dans la région du Sud-Ouest de l’Océan Indien. Rattraper le retard, c’est également faire une rétrospective du passé passionnant de la Grande-Île, d’entretenir les villes anciennes afin d’enrichir le patrimoine ainsi que la souveraineté nationale, tant discutée lors des débats télévisés. Mais, il semble que Madagascar a un autre souci. Au lieu de bâtir une Nation forte basée sur un fondement historique, l’Île Rouge se précipite à courir après une modernité insaisissable, des spectacles budgétivores.
Sans équivoque, l’histoire est le socle d’un pays, le pilier d’une nation. Il est temps pour le gouvernement d’apprendre l’importance de cette discipline.
Iss Heridiny




