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samedi, septembre 19, 2026
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IST contre 13 personnalités : Fanirisoa Ernaivo dégage sa responsabilité

La cacophonie. De qui est venu l’ordre d’émettre une Interdiction de sortie du territoire (IST) contre ces treize personnalités, dont des opérateurs économiques importants œuvrant dans des secteurs stratégiques ? Le procureur général près la Cour d’appel a-t-il agi seul en signant, moins de 24 h après, une mainlevée de ladite décision, ou a-t-il seulement mis à exécution une instruction venant de haut lieu ? En tout cas, l’affaire liée à l’émission d’une liste de personnes frappées par une Interdiction de sortie du territoire, publiée le 16 mars dernier par le ministère de l’Intérieur, continue de susciter la polémique. L’événement a fait l’effet d’une bombe et les réactions fusent de partout. Du côté de la Justice, on se renvoie la responsabilité et chacun se défend comme il peut. De son côté, l’ex-ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, semble vouloir se dédouaner et dégage sa responsabilité en affirmant qu’elle n’a rien à voir avec cette décision et crie ouvertement à la manipulation. Ayant quitté le pays à la veille de la nomination du nouveau Premier ministre, elle a fait une publication sur sa page Facebook en affirmant qu’il lui est impossible de signer cette IST. Par la même occasion, le ministère de la Justice a précisé, dans un communiqué publié hier matin, que les fonctions de la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, ont pris fin à la date de la décision qui a mis fin aux fonctions du Premier ministre et à celles des membres du gouvernement, c’est-à-dire le 9 mars dernier. Selon le même communiqué, la garde des Sceaux « n’a plus pris de décisions au sein du ministère de la Justice » depuis la dissolution du gouvernement Herintsalama Rajaonarivelo. Faravohitra a par ailleurs indiqué que « l’ensemble des juridictions, à savoir la Cour suprême et les trois cours qui la composent, les cours d’appel, les tribunaux de première instance, les tribunaux administratifs ainsi que les tribunaux financiers, demeurent pleinement indépendantes et seules responsables des décisions qu’elles rendent ». Une déclaration qui sonne, une fois de plus, comme une manière d’attribuer toute responsabilité au procureur général près la Cour d’appel, signataire de la mainlevée.

Conflit de compétences

Force est de constater que les circonstances de publication de l’IST, tout comme la mainlevée, demeurent floues. Pour bon nombre d’observateurs, la situation reflète le problème de transparence, le manque de coordination et le conflit de compétences existant entre les dirigeants actuels. Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite autour des dossiers qui pourraient expliquer l’Interdiction de sortie du territoire contre ces opérateurs économiques influents et ces personnalités politiques et militaires. Une source bien informée a tout de même fait savoir qu’il s’agirait d’une forte suspicion de préparation d’un coup d’État et/ou d’atteinte à la sûreté de l’État. Ici, le conditionnel est de rigueur. Des questions se posent d’ailleurs sur le fait que, sur les 13 personnalités ayant figuré dans la liste initiale, 11 ont bénéficié de la mainlevée et sont désormais libres de quitter le territoire national, tandis que les 2 individus restants, qui sont le colonel Patrick Rakotomamonjy et Irisoa Josea Narindra Rafearivo, garde rapproché de l’ancien président Andry Rajoelina, restent encore sous le coup d’une IST. Quoi qu’il en soit, cette affaire risque de provoquer un malaise au sein de la société économique, militaire et politique.

Davis R

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