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dimanche, septembre 13, 2026
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Joël Andrianomearisoa : Mécanique des usines et souffle d’un musée sans porte

Vernissage/inauguration du « Le musée des mémoires » samedi après-midi à Ankadimbahoaka.

Au cœur de la zone Filatex d’Ankadimbahoaka, Joël Andrianomearisoa a érigé un « musée sans porte », après la première tranche à Ouidah, au Bénin, au Jardin d’Essai de la Fondation Zinsou. Un geste politique qui transforme le béton industriel en sanctuaire vivant pour les mémoires à venir.

L’absence de narration fixe : Joël Andrianomearisoa joue de cette corde depuis toute sa carrière pour remplir ses œuvres de paysage intérieur. Là où il « frôle » l’âme avec le textile noir, sur « Le musée des promesses », installation multiple dans la zone industrielle de Filatex à Ankadimbahoaka, il transmute le non-lieu. Lors du vernissage/inauguration de samedi après-midi, sous le regard amusé, parfois ironique, des petites mains des zones franches de passage autour d’une des installations, l’artiste contemporain a révélé la teneur « politique » de sa nouvelle démarche. Bien qu’il ne s’agisse que d’apporter, quelque part, un contraste « humanisant » à ce pôle de la fonction productive. Quatre bâtiments en ciment, gris et dénudés, une gouttière : l’ensemble, en contraste avec le petit champ de citronnelle en guise d’espace « vivant. C’est à nous de faire l’histoire de ce musée », rapporte l’artiste. Ce seront donc les jeunes couples qui s’y prélasseront, l’éméché qui y urinera, la mère qui s’y attablera… Ces éphémères de vie qui seront les pièces du « musée des promesses ». Faisant penser à la chanson de Lôlô sy ny tariny, « Hazo midoroboka », l’arbre séculaire qui a vu passer petits et grands de plusieurs générations. Pour finir par devenir un repère culturel, absent par sa permanence, mais immuable par les « actes de vie » de chaque homme, femme, vieux, enfant… qui les ont ensuite emportés dans leurs mémoires au gré de leurs pérégrinations. Un musée en feuilles, en écorce et en photosynthèse. Une autre forme du cycle de la vie. Joël Andrianomearisoa a fait le choix « politique » d’exclure la porte de ce « musée des mémoires » pour abolir les barrières avec le public. Premier pied de nez aux standards attendus et convoités. Un musée sans retour en arrière, des instants à construire, un musée du vivant.

Maminirina Rado

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