
Les grands projets miniers ne sont pas que des activités d’extraction ou de transformation de minerais stratégiques. Ce sont aussi des investissements dont les impacts positifs se mesurent à travers les infrastructures, l’emploi, les entreprises locales et les flux économiques qu’ils génèrent.
C’est en tout cas l’une des convictions de Jonah Andrianantoanina, membre fondateur du Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (CREM), qui estime notamment que l’arrivée d’une grande industrie ne transforme pas uniquement le secteur concerné. Elle peut entraîner dans son sillage toute une dynamique de développement régional.
Effets positifs
« Là où s’implante une grande industrie, le développement régional change d’échelle », soutient Jonah Andrianantoanina, qui prend Fort-Dauphin comme un cas d’école en la matière. « L’implantation de QMM dans cette région s’est accompagnée du développement de plusieurs infrastructures, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’eau et des routes ». La capitale de l’Anôsy a notamment vu la mise en place d’un parc solaire et du premier parc éolien de Madagascar, faisant d’elle la première ville du pays à s’engager dans la transition énergétique. Et les effets positifs d’un grand projet industriel ne s’arrêtent pas aux infrastructures. Ils se traduisent également par des achats, de la sous-traitance, des revenus et des recettes publiques, créant ainsi des opportunités pour le tissu économique local. Les chiffres cités par Jonah Andrianantoanina illustrent l’importance de ces retombées. QMM aurait ainsi investi 400 millions de dollars dans des infrastructures partagées, notamment les routes, l’électricité, l’eau et l’assainissement.
Ambatovy constitue un autre exemple de ces impacts bénéfiques des grands projets industriels. Ce complexe d’extraction et de transformation de nickel et de cobalt aurait ainsi consacré, en une seule année, plus de 250 millions de dollars à l’achat de biens et de services auprès d’entreprises locales, dans des secteurs aussi divers que les uniformes, les fruits et légumes, le nettoyage ou encore la location de véhicules.
Toliara
Bref, l’impact économique d’une grande industrie doit être recherché également en dehors de son site de production. La capacité à faire travailler les entreprises locales et à stimuler de nouvelles activités constitue un élément essentiel de son effet d’entraînement. Dans cette perspective, le cas de Fort-Dauphin pourrait servir de référence pour la région de Toliara. Pour Jonah Andrianantoanina, « un projet minier dans cette région pourrait, à son tour, stimuler l’activité économique et contribuer au développement des infrastructures régionales ». L’enjeu apparaît d’autant plus important quand on sait que la région de Toliara dispose de ressources comparables à celles de Fort-Dauphin, tout en étant dépourvue d’industrie formelle de grande envergure. Sur ce point, Jonah Andrianantoanina évoque le cas d’un projet minier basé à Toliara qui représenterait 890 millions de dollars d’investissement, avec une contribution économique annuelle, directe, indirecte et induite, estimée à environ 685 millions de dollars dans la région. Une belle opportunité qui risque d’être compromise en cas de blocage du projet en question.
R.Edmond.




