
En ce début du XXIe siècle, 2,2 milliards d’individus n’ont toujours pas accès à l’eau dans le monde, dont 1,42 milliard vivant dans des zones où l’accès à l’eau est difficile. À Madagascar, à peine un tiers de la population (36%) a accès à une source d’eau potable sûre, selon les données de l’UNICEF.
L’eau potable est au cœur d’une problématique majeure à Madagascar. La majorité de la population, en milieu rural comme dans les zones urbaines, est confrontée à des difficultés d’accès à cette ressource vitale. Manque d’infrastructures, problèmes de distribution et de gestion : l’eau potable reste une source de tracas pour nombre de familles malgaches. En témoignent l’amoncellement des bidons jaunes dans les villes et les parcours de plusieurs dizaines de kilomètres pour trouver de l’eau dans les zones éloignées. À Madagascar comme dans le monde, la crise de l’eau touche les individus, mais pas de la même manière. Généralement attribuées aux femmes et aux filles, les corvées d’eau sont synonymes de difficultés ayant des impacts physiques, économiques et sociaux sur ces millions de femmes et de filles qui ont la charge de collecter et de gérer l’eau. De même, en cas de maladies d’origine hydrique, c’est aux femmes qu’est attribuée la tâche de soigner les malades ou de les emmener dans les établissements de santé. La corvée d’eau et le temps que les femmes et les filles y consacrent les privent de temps pour d’autres priorités, notamment l’éducation et les activités pouvant générer des revenus pour la famille. Autrement dit, les difficultés liées à l’accès à l’eau sont, en général, « le » problème des femmes. Selon les Nations unies, les femmes sont pourtant exclues des décisions concernant l’eau, ainsi que des responsabilités et du financement des systèmes régissant l’eau, où elles ne sont pas représentées.
Cette année, la célébration de la Journée mondiale de l’eau, célébrée tous les ans le 22 mars, met l’égalité et le genre au cœur de l’attention. Placée sous le thème « L’eau, source d’égalité », cette journée est une nouvelle occasion de mettre l’accent sur l’importance d’une participation équitable des femmes et des filles dans toutes les décisions liées à l’eau. Notons qu’à Madagascar, le membre du gouvernement en charge de l’eau dans la dernière formation gouvernementale était une femme.
Hanitra R.


