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mardi, septembre 29, 2026
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Justice populaire à Mananjary : Le corps n’est pas encore réclamé par ses proches

Le corps calciné par le feu est complètement méconnaissable. Nous avons appris hier que le cadavre est toujours à la morgue de l’hôpital de Mananjary. Aucune personne n’est venue récupérer le corps sans vie de Lucette, née en 1969 si l’on se réfère à sa carte d’identité partagée sur la toile. N’avait-t-elle pas de famille ou de proche à Mananjary, ou bien les gens ont peur de la réclamer ? La question se pose et la gendarmerie a commencé depuis le 30 octobre dernier à identifier ses connaissances. Rappel des faits, en pleine matinée de dimanche dernier, Lucette a été appréhendée lorsqu’elle a jeté de la viande de porc dans un lieu sacré appelé « valarivo ». Les us et coutumes de l’endroit indiquent que le port de viande de porc y est interdite et contraire aux moeurs locales. Les coups pleuvaient à son encontre à cause de la colère. Tout le monde l’a frappé à volonté. Mais la femme de 47 ans a tant bien que mal résisté aux coups. Son visage est plein de bleus et le sang coulait, mais elle restait debout. En fin de matinée, alors que les autorités locales ont tenu une réunion d’urgence pour faire face au problème, Lucette, elle, a été brûlée vive par ses détracteurs. Les images et vidéos atroces de ce malheureux événement a vite fait le tour du monde. Les réactions pleuvaient sur la toile. Aucune autorité, ni les forces de l’ordre ni les élus locaux n’ont par contre réagi par rapport à cette justice populaire. L’affaire est délicate, certes, mais le silence ne résout face à une telle circonstance. Pire encore, il pourrait être interprété comme si les gens au pouvoir cautionnent la justice populaire devenue alors fréquente. Par ailleurs, à Mananjary, un incendie a ravagé plusieurs toits la nuit même de cet événement. La mise en lien avec ce qui s’est passé dans la journée est tout à fait logique et sur place, l’on parle d’éventuelles représailles de la part des proches de la victime.  La gendarmerie a ouvert comme à l’accoutumée une autre enquête sur cette affaire pour tenter d’établir s’il s’agissait d’un incendie criminel ou accidentel. Certaines coutumes malgaches veulent que celui ou celle qui n’a pas respecté le tabou doit acheter un zébu dont le sang est nécessaire pour purifier cet affront. Pour le cas de Mananjary, aucune proposition allant dans ce sens n’a été respectée sauf la justice populaire. Quid de la responsabilité des autorités morales, autorités étatiques, des forces de l’ordre ? On attend aussi la réaction des organismes qui se veulent oeuvrer pour le respect du droit de l’homme, bien que la victime soit cette-fois ci une…femme.

D.R

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