D’après les explications, le Sud est actuellement durement frappé par la sécheresse. Le bilan risque de s’alourdir si aucune mesure n’est prise pour venir en aide à la population locale.
Pendant que les dirigeants sont occupés par la formation du gouvernement et que l’opinion publique est focalisée sur les ampamoaka, les ady seza et les règlements de comptes politiques, nos compatriotes dans le Sud subissent de plein fouet la famine et sont laissés pour compte. En effet, le kere fait son retour en force dans le Sud, particulièrement dans les districts d’Amboasary et d’Ambovombe. Maka Alphonse, notable de cette localité, a annoncé à nos confrères de la Radio Antsiva qu’en l’espace d’un mois, ce fléau a tué quatre personnes dans la commune de Ranobe, dont trois dans le fokontany d’Ankamenaha et une dans le quartier d’Agnalavondrovomahake. À l’entendre, le bilan risque de s’alourdir si aucune mesure n’est prise pour venir en aide à la population. L’ancien président du Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM) explique que c’est la sécheresse grandissante qui frappe actuellement le Sud qui est à l’origine de cette famine. Le phénomène provoque aussi une inflation grandissante et une recrudescence très inquiétante de l’insécurité.
Aides humanitaires
Pour le moment, aucune intervention n’a été menée et aucune solution n’a été apportée de la part des autorités. Selon les explications de Maka Alphonse, le Programme alimentaire mondial (PAM) aurait suspendu les aides humanitaires octroyées à la population du Sud. Les dernières actions sociales au profit du Sud remonteraient au mois de décembre 2025, selon ses dires. Bon nombre d’observateurs se demandent alors si cette suspension des aides humanitaires est liée à la situation politique qui prévaut actuellement au pays, engendrée notamment par le changement de pouvoir extra-constitutionnel du mois d’octobre. Du temps du régime Rajoelina, le Sud était considéré comme la priorité des priorités et, en 2024-2025, aucun décès dû à des cas de kere n’a été relevé. Plusieurs projets socio-économiques y ont été réalisés avec une contribution très importante des partenaires techniques et financiers. Le sujet sera certainement évoqué durant le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement Mamitiana Rajaonarison, qui sera en place dès aujourd’hui, selon l’annonce faite hier par la Direction de la communication de la Présidence de la Refondation. Quoi qu’il en soit, l’éradication du kere reste un énorme défi à relever pour le régime en place. D’autant plus que l’actuel PRRM, le colonel Michaël Randrianirina, est natif de la région Sud, durement touchée par ce fléau. On attend donc des solutions immédiates et concrètes de la part de cette nouvelle équipe, qui se veut être un gouvernement de… choc.
Davis R




