Les critiques formulées par plusieurs députés de la majorité à Tsimbazaza n’ont pas laissé le Komity ny Fanavaozana Ifotony an’i Madagasikara (KFIM) indifférent.
Le mouvement réagit et revient sur les questions qui, selon lui, sont au cœur des difficultés actuelles du pays. Il met notamment en avant les choix opérés dans le secteur énergétique ainsi que la question de la dissolution de l’Assemblée nationale. Le prix des carburants est l’un des sujets soulevés. Le KFIM estime que l’alignement sur les cours internationaux ne peut être envisagé sans tenir compte de la situation économique actuelle et que la population ne devrait pas supporter seule les conséquences d’une telle décision.
Production énergétique
L’importation directe de carburant pour la Jirama constitue également un sujet de préoccupation. Le mouvement fait remarquer que plusieurs obstacles se dressent autour de cette démarche, alors que le pouvoir entend poursuivre ses efforts. Il en va de même pour le pétrole lourd de Tsimiroro, dont l’utilisation est présentée comme une solution supplémentaire aux difficultés de la compagnie nationale d’électricité. « Pourquoi y a-t-il autant de blocages lorsqu’il s’agit de résoudre les problèmes de cette entreprise malgache ? », s’interroge le mouvement. Une question qui résume, selon lui, les enjeux liés à la Jirama et à la valorisation des ressources nationales. Il estime que l’utilisation du pétrole lourd de Tsimiroro pourrait apporter une réponse supplémentaire aux besoins de la compagnie. Pour ses responsables, la maîtrise de la production énergétique doit permettre à Madagascar de réduire sa dépendance et de tendre vers davantage d’autonomie.
Dissolution de l’A.N. Le KFIM considère par ailleurs que les décisions prises dans ce domaine inquiètent ceux qui, selon lui, souhaitent maintenir Madagascar dans une situation de dépendance. Une manière de dire que l’indépendance énergétique constitue, pour le mouvement, un enjeu qui dépasse la seule question de l’électricité. La formation revient également sur la demande de dissolution de l’Assemblée nationale. S’adressant aux députés, elle tient à rappeler que cette revendication ne serait pas motivée par une haine envers les personnes. « La demande de dissolution de l’Assemblée nationale est une lutte menée par les Malgaches et non une haine des personnes », soutient le mouvement. Cette question, souhaite-t-il, devrait être portée devant la concertation nationale. Les participants pourront ainsi se prononcer sur ce qui convient au pays. Il appelle les députés à privilégier l’intérêt de la population et affirme vouloir porter la voix du plus grand nombre plutôt que de défendre des intérêts particuliers. « Nous porterons la voix du peuple et non les intérêts de quelques personnes », conclut le mouvement.
Recueillis par Nadia R.




