
Malgré les promesses et les travaux engagés, le stade emblématique de Madagascar n’a toujours pas obtenu son homologation par la CAF. Privés de leur antre, les Barea et les clubs nationaux devront encore jouer « à domicile » loin de leurs supporters, un exil coûteux et frustrant qui pèse lourd sur les ambitions du football malgache.
Le rêve de voir les Barea et les clubs malgaches évoluer enfin dans le stade emblématique du pays s’éloigne une fois de plus. La Confédération africaine de football (CAF) vient de publier la liste des infrastructures homologuées pour les compétitions continentales, et le Stade Barea n’y figure toujours pas. Depuis plus d’un an, les annonces et promesses des autorités se succèdent, mais la réalité reste implacable : Madagascar demeure parmi les rares nations sans enceinte homologuée. Certes, des améliorations ont été constatées, mais des points critiques persistent, notamment au niveau de la pelouse. Le stade, proche d’une homologation de catégorie 3, doit encore franchir l’étape décisive. Les responsables assurent que la transformation vers une pelouse hybride est en cours, nourrissant l’espoir des passionnés du ballon rond. En attendant, les conséquences sont lourdes. Pour les Barea de Madagascar, le tirage au sort des éliminatoires de la CAN 2027 les place dans un groupe L relevé. Leur campagne débutera face au Nigeria à l’extérieur, avant de recevoir — théoriquement — la Tanzanie puis la Guinée-Bissau. Mais, faute de stade homologué, ces rencontres dites « à domicile » se joueront en exil, privant l’équipe du soutien populaire et alourdissant les charges financières.
Même scénario pour les clubs engagés en interclubs CAF. Le champion de Madagascar, le CFFA, affrontera Lijabotho du Lesotho en Ligue des champions, tandis que le FC Rouge, vainqueur de la Coupe nationale, défiera les Red Arrows de Zambie en Coupe de la Confédération. Tous deux devront disputer leurs matchs « à domicile » hors du territoire, un handicap sportif et économique majeur. Le Kianja Barea reste donc une promesse inachevée. Les pelouses hybrides annoncées pourraient changer la donne, mais pour l’heure, joueurs et supporters doivent encore patienter. Le football malgache continue de rêver d’un vrai chez-soi, où les chants des gradins accompagneraient enfin les exploits des siens.
Heriniaina Samson




