Dans le parler ankarabe, Kôrarô est une formule de salutation, un geste de courtoisie avant d’être un mot. Avant de faire vibrer les haut-parleurs, la culture prend des nouvelles de son monde.
Pour sa troisième édition, prévue les 28, 29 et 30 août au terrain Tomboravo, le Kôrarô Festival confirme son ambition de faire d’Ambilobe un carrefour où se rencontrent musique, traditions et jeunesse. L’événement ne se contente pas d’empiler des artistes sur une affiche ; il orchestre un dialogue entre les générations et les univers musicaux. Le premier soir, Din Rotsaka, Rival, Stella Lyncha, Tukson, Stivez, Tsarahita et Fayo donneront le coup d’envoi. Le lendemain, Zandry Ahmed, Jean Louis, Wala Dem Bad, Di Nio, Naimah, Lucrom et Zandry Bob prendront le relais. Enfin, la clôture réunira notamment Annicette, LC Barbo, Mily Clément, Britonny, RJ, Beelahy, Dede Kawitry, Mahigane et Indra Zanak’Ifasy, pour une dernière soirée qui s’annonce haute en couleur.
Mais réduire Kôrarô à une succession de concerts serait passer à côté de son âme. Le Grand Carnaval ouvrira les festivités, tandis que l’élection de Miss & Mister Kôrarô mettra à l’honneur la jeunesse et son expression. Ici, les notes de musique croisent les pas de danse, les costumes répondent aux mélodies, et la fête devient un langage commun.
À une époque où les salutations passent souvent par un écran, la festivité remet l’humain au centre. Son nom rappelle qu’une culture vivante commence toujours par une rencontre. Demander « Comment allez-vous ? », c’est reconnaître l’autre avant de lui tendre un micro ou une scène. À travers cette troisième édition, la capitale antakarana ne célèbre donc pas uniquement la musique. La ville affirme une identité, revendique son hospitalité et rappelle qu’une langue locale peut porter un message universel. Kôrarô n’est pas seulement un festival ; c’est une invitation à se retrouver. Et dans un monde qui court souvent sans se regarder, cette simple question vaut peut-être toutes les réponses.
Iss Heridiny


