Après des semaines, voire des mois, de « silence », dont l’accusent certains observateurs à propos du cas de l’ex-président de la République Andry Rajoelina, la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a abordé le sujet, hier, en indiquant que ce dossier est déjà déposé à Tsimbazaza depuis fin 2025 mais n’a pas encore pu être inscrit à l’ordre du jour des sessions successives.
La grande bataille
Dans cette affaire, selon les explications de la ministre de la Justice, il n’y avait ainsi pas d’immobilisme, mais davantage un souci de respecter scrupuleusement la voie légale afin de mener la procédure jusqu’à son terme : le procès. Pour le moment, le feuilleton ne fait que commencer, et les épisodes à venir risquent d’avoir des rebondissements. Car la voie légale indiquée inclut l’étape de la Haute Cour de Justice (HCJ), la seule à être compétente pour poursuivre un ancien chef d’État. Une étape qui ne semble pas du tout convenir aux esprits encore échauffés, au regard des faits reprochés à l’ancien président de la République, que beaucoup estiment « impardonnables » : détournements de deniers publics, malversations financières, abus de pouvoir, et bien d’autres encore. Mais comme il s’agit d’un long parcours judiciaire, les sentiments n’ont pas leur place dans ce dossier. D’ailleurs, celui-ci est loin d’être un long fleuve tranquille. Car, pour espérer voir la procédure aboutir à un procès, il est impératif que le dossier soit en béton, mais surtout, que l’on sache mener la bataille face aux obstacles juridiques auxquels fait face ce dossier. L’un des tournants les plus attendus est l’étape de la HCJ et les actions à l’international pour espérer une éventuelle extradition. Mais dans la mesure où l’ancien président possède la nationalité française, et que la France, en règle générale, n’extrade pas ses ressortissants, ceci constitue également un obstacle de plus. Autant d’entraves qu’il va falloir également défaire dans le cadre de cette grande bataille.
Hanitra R.


