Quand on parle de Révolution d’octobre ou, plus exactement, de celle du 17 octobre, la Russie nous vient à l’esprit. Mais le 17 octobre 1905 est aussi une date fondamentale dans l’histoire de l’URSS. Ce jour-là, qu’on appelle aussi « le Manifeste d’Octobre (17 octobre 1905) », la Douma (le Parlement russe) a été créée et a accordé, pour la première fois, des libertés civiles aux Russes, marquant le premier grand recul de l’autocratie tsariste.
Mais ce détour historique, avec cette date du 17 octobre, nous ramène au principe de proximité cher aux journalistes et nous dicte de voir ce qui s’est passé vendredi 17 octobre en France. Une journée de mobilisation, retenons bien le mot, car c’est important pour nous, Malgaches. Ladite mobilisation a été effectuée à l’initiative des lycéens de France demandant une revalorisation du budget de l’Éducation nationale et surtout celui des lycées, qui ont vu l’enseignement et les infrastructures se dégrader. Avec, en moyenne, 15 017 € dépensés par lycéen, ce qui classe pourtant la France avant l’Allemagne et la Suède.
Mais peut-être que le « mal-être » est si collectif que, tant et si bien, ce jour est devenu une « journée de mobilisation contre la hausse du coût de la vie, de l’essence et… ». Accessoirement contre l’insuffisance budgétaire de l’Éducation nationale.
Toujours est-il que le bilan dressé de cette journée est éloquent : 800 000 personnes ont défilé, selon les organisateurs, dans les grandes villes de l’Hexagone. « Dans plusieurs villes, le même schéma s’est répété : d’un côté une foule de manifestants, de l’autre des groupes indépendants décidés à en découdre avec les forces de l’ordre », rapporte le journal Le Monde. Oui, il y a eu 1 800 personnes interpellées, 500 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers blessés, selon le ministre de l’Intérieur français.
En effet, en marge de la mobilisation se sont greffés des casseurs, composés de groupes politisés ou non, mais déterminés à en découdre avec les forces de l’ordre. Ainsi, des commerces ont été pillés, comme (d’habitude !), des bâtiments publics saccagés, comme la préfecture de la Gironde, à Bordeaux, ou des mairies ailleurs. Donc, il y a eu, d’un côté, une manifestation pacifique et, de l’autre, des adeptes de ce qu’on appelle des « violences urbaines ». Mais, dans tout ça, le Malgache dira : « Mais Macron est-il toujours là ? »
Oui, chez nous, mobilisation, manifestation, protestation et même défilé veulent dire : velléités de faire un coup d’État. Quand est-ce qu’on aura fini de diaboliser la voix du peuple ? Avis à la classe politique, sans distinction, aux forces de l’ordre et aux mpandroba.
Le vrai Fanavaozana est peut-être la réponse !
M.Ranarivao


