« Du jamais vu en 60 ans », dirait vraisemblablement l’ancien président de la République élu en voyant l’actuel numéro Un de la Refondation soumettre au détecteur de mensonge(s) les futurs ministres.
« La Vérité si je mens ! »
Il ne s’agit pas d’un jeu de vérité pour enfants de 8 ans et plus, mais d’un mode de présélection visant à distinguer le vrai ministrable du faux en utilisant un polygraphe. Un appareil qui mesure les réactions psychophysiologiques d’un individu lorsqu’il est interrogé afin de déterminer s’il dit la vérité ou s’il ment. Sous peine, pour les ministres pressentis, d’être recalés au détecteur de mensonge(s), dont la fiabilité est discutable et discutée faute de validation scientifique, quand bien même la méthode de détection se serait nettement améliorée. Et ce, depuis l’époque médiévale, durant laquelle le juge cherchait déjà à savoir si l’accusé mentait ou disait la vérité. Malgré les recherches et l’évolution des techniques de détection, les résultats ne sont pas fiables à 100%. Ni même à « plus de 60% », pour reprendre le seuil de vérité fixé par le colonel au béret vert, qui n’a pas la prétention de détecter des ministres blancs comme neige. Le cas d’un officier de la CIA arrêté pour espionnage en faveur de la Russie a fait… mentir le polygraphe qu’il a passé à plusieurs reprises avec succès, sans avoir été démasqué. Si le détecteur de mensonge(s) consiste à soumettre un certain nombre de questions à l’interrogé, on est en droit – dans tous les sens du terme – de se poser des questions quant à sa valeur légale. La méthode n’est prévue par aucune loi. Encore moins par la Constitution, selon laquelle le président nomme les membres du gouvernement sur proposition du Premier ministre. Les deux chefs de l’Exécutif s’exonèrent en quelque sorte de leurs responsabilités en se fiant à une machine qui rappelle le film « La Vérité si je mens », quoique le choix des ministres ne soit pas du cinéma.
R.O


