Nouveau coup de frein pour les concertations nationales. Alors que le lancement officiel du processus est programmé pour aujourd’hui, mercredi 3 juin, au Centre de Conférences Internationales (CCI) d’Ivato, cette échéance est une nouvelle fois repoussée. Une réunion tenue jeudi dernier entre le président de la République et les quatre chefs d’Église du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) aurait rebattu les cartes et ouvert la voie à un nouveau report. Si aucune annonce officielle n’a encore été faite, plusieurs signaux convergent déjà vers un décalage du calendrier. Selon des informations concordantes, les dirigeants du FFKM auraient exprimé des réserves quant à la tenue du lancement à la date prévue, alimentant ainsi les interrogations autour de l’organisation du processus. Selon Michael Randrianirina, dimanche dernier lors de son émission télévisée, la date du 3 juin sera réservée à une réunion entre lui, son ministre en charge de la Refondation, ainsi que les chefs d’église du FFKM.
Ce n’est pas la première fois que les concertations nationales voient leur calendrier bousculé. Le coup d’envoi devait initialement être donné le 20 mai. Mais, à quelques jours de l’échéance, l’État a décidé de repousser l’événement au 3 juin. Le FFKM, à cette date, était encore en conclave du 19 au 21 mai et aurait souhaité un report. Or, à moins de deux semaines de cette nouvelle échéance, l’incertitude a refait surface. Les discussions récentes entre les plus hautes autorités de l’État et les responsables religieux semblent avoir ravivé les hésitations. Une situation qui risque d’alimenter les critiques sur la capacité des acteurs, notamment le FFKM et l’État, impliqués à tenir le calendrier annoncé. Du côté du ministère chargé de la Refondation, le silence demeure total. Cette discrétion s’inscrit toutefois dans la ligne adoptée par le département ministériel depuis plusieurs semaines. Son responsable a en effet rappelé à plusieurs reprises que le pilotage des concertations nationales relève exclusivement du FFKM et de ses structures, l’État se limitant à un rôle d’accompagnement et de facilitation.
Pourtant, en coulisses, les préparatifs se poursuivent. La Primature, plusieurs ministères ainsi que différentes entités publiques multiplient les réunions techniques avec les personnes ressources désignées par le FFKM. Ces rencontres coordonnent les aspects organisationnels de l’événement et veulent garantir les conditions nécessaires à son déroulement. Cette activité soutenue contraste cependant avec les doutes qui semblent gagner les rangs du Conseil œcuménique. Alors que les concertations nationales sont présentées comme une priorité du projet politique du régime actuel, certains hauts responsables paraissent encore prudents quant à leur lancement effectif.
Rija R.


