Le 6 octobre 1981, des militaires avaient retourné leurs armes contre Anouar el-Sadate lors du défilé annuel de la victoire au Caire.
Le spectre de l’attentat du Caire
45 ans après, le spectre de l’assassinat de l’ancien président égyptien semblait planer, hier, sur le Kianja Barea, à l’occasion du traditionnel défilé militaire du 26 juin. En témoigne la vitre blindée mise en place devant la loge officielle réservée, entre autres personnalités, au numéro Un malgache et à ses homologues kenyan et comorien. Malgré la vérification systématique des armes et la saisie totale des munitions des milliers de participants à la parade militaire, ce qui s’était passé dans la capitale égyptienne continue de hanter les esprits des responsables de la sécurité présidentielle. La vieille garde – au propre comme au figuré – se souvient, et la jeune relève a appris qu’un camion de transport de troupes s’était arrêté ce jour-là devant la tribune présidentielle. Avec, à son bord, des militaires qui ont jeté des grenades et ouvert le feu sur le « Raïs », qui avait succombé deux heures après cette attaque éclair de deux minutes et entraîné dans son sillage l’avènement au pouvoir du numéro Deux du régime, Hosni Moubarak. C’était le 14 octobre 1981. Un anniversaire qui coïncide avec l’arrêt de la Haute Cour constitutionnelle en date du 14 octobre 2025 qui avait confié les rênes du pouvoir à « l’Autorité militaire compétente incarnée par le colonel Michaël Randrianirina ». Ce dernier, qui disait souvent qu’on voulait attenter à sa vie, portait visiblement, hier, un gilet pare-balles sous sa veste, dont la coupe rappelait celle de son prédécesseur, qui avait aussi l’habitude de dissimuler cet équipement destiné principalement à protéger le thorax, l’abdomen et le dos contre les tirs d’arme à feu, voire même contre les grenades. Anouar el-Sadate n’aurait peut-être pas été atteint au niveau de la cage thoracique et du poumon s’il avait été protégé par un gilet pare-balles et une vitre blindée. Même s’il lisait le Coran plus que la Bible, le « pharaon » savait peut-être que « Si l’Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain ».
R.O





