Une avancée majeure pour le pays. C’est ce que l’on peut dire de l’annonce de l’approbation, par la Banque mondiale, d’un financement de 250 millions de dollars destiné au secteur énergétique malgache.
Le train en marche
Le programme vise notamment à élargir l’accès à une énergie fiable et durable à plus de 2,5 millions de personnes d’ici 2030, tout en soutenant les réformes structurelles de la Jirama. Un financement qui arrive à point nommé dans le contexte actuel, marqué par les délestages chroniques et les difficultés du secteur énergétique. Il s’agit, en somme, d’une bouffée d’oxygène pour l’économie nationale. Un programme qui démontre, par ailleurs, la continuité dans le changement pour les aides publiques au développement.
Au risque de froisser les caciques de la refondation, ce financement n’est pas récent. Le programme actuel apparaît, en effet, davantage comme l’aboutissement d’un processus déjà amorcé que comme un projet entièrement conçu par le seul régime actuel. Et pour cause. Les discussions autour de la réforme du secteur énergétique malgache étaient déjà engagées depuis plusieurs années, notamment autour du redressement de la Jirama, de l’augmentation de la capacité de production et de l’amélioration de l’accès à l’électricité.
Par ailleurs, le Pacte national pour l’énergie de Madagascar, élaboré dans le cadre de Mission 300, évoquait déjà les besoins massifs d’investissements, les réformes tarifaires, ainsi que l’ouverture du secteur à davantage de partenariats privés. En tout cas, des appuis financiers et techniques au redressement de la Jirama avaient été discutés auparavant avec le Fonds monétaire international et d’autres bailleurs.
Évidemment, le régime de la Refondation a eu le mérite de… prendre le train en marche, en collaborant avec la Banque mondiale pour la validation du programme en mai 2026. Bref, le gouvernement actuel peut légitimement revendiquer avoir conduit les dernières négociations et obtenu l’approbation finale du projet. Le véritable enjeu reste évidemment l’exécution du programme, dont l’échéance est fixée à 2030, alors que la transition actuelle ne devrait pas dépasser deux ans.
R.Edmond.



