Ambovombe et toute la région Androy ont longtemps symbolisé le manque d’eau et ses impacts directs, notamment l’insécurité alimentaire et la malnutrition aiguë sévère chez les enfants. Les difficultés d’approvisionnement en eau potable ont conduit une partie de la population de cette région et d’une bonne partie du Grand Sud à opter pour la migration.
« L’eau, l’eau est là ! »
Avec l’arrivée de l’eau potable dans la ville d’Ambovombe, grâce au captage de l’eau du fleuve Mandrare et à son acheminement de la station d’Andranogoa vers Ambovombe via une conduite d’eau longue de 28 km, la ville peut enfin savourer le confort que procure la disponibilité de l’eau potable. C’est une grande première après des décennies de grandes difficultés d’approvisionnement en eau potable.
Mais au-delà du confort qu’offre cette disponibilité de l’eau potable, c’est bien de « la vie » dont il s’agit pour toute une population. Car à Ambovombe, la majorité des habitants sont contraints depuis des décennies d’utiliser une eau non potable, souvent jaunâtre, causant bien souvent des maladies telles que la diarrhée et d’autres dermatoses. Les non-résidents de passage dans la ville doivent, quant à eux, apporter une certaine quantité d’eau en bouteille ou des bidons d’eau potable pour leur consommation personnelle. L’eau potable est, pour l’ensemble de la population d’Ambovombe, un défi quotidien. Désavantagées par des conditions climatiques marquées par une sécheresse persistante, qui rend les activités agricoles particulièrement difficiles, voire impossibles, Ambovombe et les localités voisines doivent lutter au quotidien pour avoir accès à l’eau. Est-on en droit d’espérer enfin un début de changement dans cette zone ? L’espoir est permis. Pour l’instant, le système d’alimentation en eau potable, dont la mise en eau a été effectuée le 19 octobre 2026, fournit un débit limité. Les mois à venir devraient permettre une augmentation progressive de la quantité d’eau potable disponible et une extension des zones desservies à Ambovombe. Pour la population, voir l’eau potable arriver jusqu’à ses bornes fontaines, c’est déjà un rêve éveillé qu’elle espère voir durer longtemps.
Hanitra R.




