Qu’est-ce qui s’est passé exactement, hier vers 13 heures, devant le marché à étages de la CUA à Behoririka ?
« Les faits sont sacrés, les commentaires sont libres »
Selon les uns, les marchands en grève ont agressé un journaliste. Pour les autres, c’est ce dernier qui a frappé en premier. Au regard des faits, un journaliste est descendu de sa moto pour s’en prendre à un individu en lui assénant des coups de poing et de pied. D’après certains témoins oculaires, le second aurait cogné le deux-roues du premier, qui serait alors sorti de ses gonds. Ou plutôt de ses guidons. La vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, confirme a priori pareille version, sauf si le contenu a été généré en tout ou partie par l’intelligence artificielle, ou plus communément « IA ». En tout cas, les blessures du journaliste concerné ne sont pas, mais pas du tout, artificielles. Il a été effectivement pris à partie par la foule, qui s’est mise à plusieurs contre lui. D’aucuns ont vite fait de faire une lecture politique de cette échauffourée en soulignant que la station employant le journaliste appartient au numéro un du TIM. Donc forcément proche du nouveau PDS de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), qui s’est entretenu hier avec les marchands grévistes de Behoririka. Certaines théories complotistes n’ont pas hésité à dire que c’est le fruit d’une manœuvre orchestrée à partir de l’extérieur par l’ancien homme fort du régime orange, quand bien même les grévistes ne vendent pas cet agrume. Lequel peut être doux ou amer. À l’image de ce qui s’est passé hier. De toute façon, « les faits sont sacrés, les commentaires sont libres ». Un principe cardinal valable pour tout journaliste. Même pour un média qui a le droit d’être engagé, à condition de respecter les faits. Le principe d’objectivité consiste à imposer une distance critique entre les faits et sa propre interprétation des faits.
R.O


