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mardi, septembre 8, 2026
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Livre : « Entre fauves », l’intriguant roman sous ses faux airs de polar

Sorti en 2020, « Entre fauves » de Colin Niel raconte l’histoire de Martin, garde au parc national des Pyrénées

« Il travaille notamment au suivi des ours. Mais depuis des mois, on n’a plus la moindre trace de Cannellito, le dernier plantigrade avec un peu de sang pyrénéen. Martin en est chaque jour plus convaincu : les chasseurs auront eu la peau de l’animal. Alors, lorsqu’il tombe sur un cliché montrant une jeune femme devant la dépouille d’un lion, arc de chasse en main, il est déterminé à la retrouver et la livrer en pâture à l’opinion publique. Même si d’elle, il ne connaît qu’un pseudonyme sur les réseaux sociaux, Leg Holas ». Un garde pyrénéen qui déteste les chasseurs. Une jeune tireuse à l’arc qui aime passionnément son papa et la chasse. Deux personnages dont l’antagonisme de classe et de valeurs amène une réflexion intéressante sur la chasse et le rapport de l’homme à la nature. Toutefois, une réflexion rendue un peu agaçante par l’anthropomorphisme et quelques clichés auxquels s’ajoute une impression de déjà vu avec ”Animal” de Sandrine Collette. Néanmoins Colin Niel nous embarque dans deux traques impressionnantes. Et dans sa volonté d’éviter le manichéisme, pendant tout son récit regarde des deux camps. Ainsi les anti-chasses tel Martin, le garde, ne sont pas exempts d’excès et les défenseurs des animaux, comme les ours réintroduits dans les Pyrénées accusés par les bergers de tuer leurs bêtes, voient leurs arguments invalidés en Afrique alors qu’un lion namibien tue chèvres et vaches et menace à terme les populations. La vie des hommes, plus précieuse que celle des fauves, justifie évidemment l’élimination des animaux tueurs. Pour ce qui est du militantisme en faveur du respect de la nature on ne peut que suivre Colin Niel surtout quand, d’une écriture fluide avec une vraie tension allant crescendo, il immerge le lecteur dans une nature pyrénéenne et namibienne magnifique. « Cannelle, c’était la dernière ourse de souche purement pyrénéenne, la mère de Cannellito, qu’elle avait eu avec Néré, un mâle slovène réintroduit qui depuis avait quitté le Béarn pour les Pyrénées centrales. L’histoire de sa mort, je la connaissais comme tout le monde dans la vallée, comme les collègues. Ils étaient six. Six chasseurs de sangliers ».

Zo Toniaina

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