
Entre scènes bondées, cachets record et parcs familiaux pris d’assaut, le lundi de Pâques a transformé Tananarive en un immense terrain de fête.
« Pour le lundi de Pâques, je préfère faire des spectacles ici à Tananarive qu’à Antsohihy, ici, le public est plus fêtard… », lance Dadi Love derrière la scène du Coliseum, hier, avant d’entrer en scène. Cela résume en quelque sorte l’état d’esprit des chanteurs et chanteuses de variété qui ont sillonné, dans la journée de lundi, le stade Malacam à Antanimena, le site à Bombe à Ivato, le théâtre de verdure de Bevalala… Les têtes d’affiche comme Lico Kininike, Rim-ka, Elidiot et d’autres empilent trois à quatre représentations en une journée. Après, à 1,5 million d’ariary par performance d’une heure maxi, le total des cachets peut facilement atteindre les 6 millions d’ariary en une journée. Pour les stars, cela peut avoisiner le double, rien qu’avec des chansons où le « non-lieu » musical est typique. Juste pour permettre au public de se défouler. À Antsahamanitra, avec Stéphanie, Melky, Ndodolah et Lucia, les spectateurs et spectatrices partageaient les sièges avec de larges courants d’air. Le bide de ce lundi de Pâques. Mais au-delà de tout cela, c’est Tananarive elle-même qui a été un vaste parc familial. Les espaces verts d’Antaninarenina, d’Anosy et d’Ambohijatovo ont été pris d’assaut par une marée humaine, des familles pour la plupart. Des dépenses loin d’être folles, mais c’est la Ville des Mille qui invite, accueille et se laisse occuper. À part les petites mares saumâtres et quelques excréments sur le trottoir entre les arcades d’Analakely, ce lieu est le symbole de cette capitale poussée à devenir ville-monde. La classe moyenne hétérogène s’est déplacée au lac Iarivo : du tout-terrain au deux-roues, c’est le nouveau spot de la capitale. Un entre-deux mondes, pas loin d’Ankorondrano, quartier d’affaires, et aux portes de la périphérie nord. Un lieu que les Tananariviens et Tananariviennes aiment depuis les années 90. Ordonné, nuancé, élégant, etc. Le Tananarive festif de la belle époque y revient, cependant ce n’est pas encore ça.
Maminirina Rado


