
La corruption demeure présente dans plusieurs secteurs de l’administration. C’est le constat dressé par l’association Mazava lors d’un point de presse consacré à la lutte contre ce phénomène.
Ses responsables ont notamment évoqué les difficultés rencontrées dans ce combat et appelé à une plus grande mobilisation de la population. Le Secrétaire général de l’association Mazava, Anthonio Abraham, a fait avant-hier le point sur la situation de la corruption à Madagascar. Il a notamment évoqué les raisons pour lesquelles ce phénomène persiste ainsi que les secteurs les plus touchés. « La corruption et l’injustice détruisent véritablement tout. C’est une réalité que j’ai moi-même constatée », a-t-il déclaré, tout en soulignant que les moyens actuellement mis en œuvre pour lutter contre la corruption restent insuffisants.
Bilan du BIANCO
Selon Anthonio Abraham, la persistance de la corruption s’explique notamment par l’insuffisance des moyens et le manque de personnes prêtes à dénoncer les faits. Plusieurs secteurs de l’administration sont concernés, notamment les collectivités territoriales décentralisées (CTD), les ministères, les services fonciers et la justice. Il s’est également référé au bilan du BIANCO portant sur l’année 2025 et présenté en 2026. Celui-ci fait état de 641 affaires de corruption, impliquant plus de 2 000 personnes. Parmi elles, 666 ont fait l’objet de poursuites et 215 ont été placées sous mandat de dépôt. Les collectivités territoriales décentralisées, le secteur forestier et le secteur judiciaire sont les plus touchés.
Mobilisation
Pour l’association Mazava, la lutte contre la corruption ne peut toutefois pas reposer uniquement sur les institutions. Anthonio Abraham estime qu’une meilleure coordination entre les bailleurs de fonds, l’administration et la population est nécessaire. Il a notamment évoqué l’Objectif de développement durable n° 16, consacré à la paix, à la justice et aux institutions efficaces. Et d’appeler les citoyens à ne pas rester passifs face aux faits de corruption. L’association invite ainsi toute personne témoin d’un acte de corruption, disposant d’une proposition ou souhaitant apporter son soutien, à se rapprocher d’elle. Didier Razanapanala, coordonnateur de l’association Mazava, a, pour sa part, insisté sur l’importance de la solidarité dans cette lutte. « Il n’y a pas de solution magique. Nous devons travailler ensemble », a-t-il fait remarquer. Et de rappeler que le peuple doit rester au centre de cette démarche.
Nadia R.




