
Un grand oral pour Madagascar. Sous l’impulsion de la politique de refondation portée par le chef de l’État, la lutte contre la corruption s’impose plus que jamais comme la clé de voûte de l’action gouvernementale. C’est le message fort qu’a voulu transmettre le chef du gouvernement, Mamitiana Rajaonarison, lors de la visite de courtoisie de la délégation internationale de l’ONUDC, de Djibouti et de la Tanzanie, hier, à Mahazoarivo. Ce deuxième cycle d’évaluation, dont les travaux débuteront officiellement ce jour, à Ivandry, ne sera pas une simple formalité. Il passera au peigne fin deux volets hautement stratégiques : la prévention de la corruption et, surtout, le délicat dossier du recouvrement des avoirs obtenus de manière illicite. Un test de crédibilité majeur pour le pays.
Réformes nécessaires. Conscient des attentes, le Premier ministre a réitéré l’engagement indéfectible de son équipe. « C’est une responsabilité collective », a-t-il martelé, tout en mettant en avant les efforts déployés par l’exécutif pour faire évoluer le cadre législatif. Le gouvernement est d’ores et déjà à pied d’œuvre pour convaincre les membres de l’Assemblée nationale d’adopter les réformes nécessaires visant à renforcer l’arsenal juridique malgache. Pour mener à bien cet examen, la délégation est conduite par Ali Elbereir, représentant régional de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Est. Le mécanisme de « revue par les pairs » met en première ligne Djibouti et la Tanzanie. La partie djiboutienne est représentée par Djama Souleiman Aboubaker (coopération internationale) et Yacin Said Chireeh (Commission anti-corruption), tandis que la Tanzanie a dépêché un trio d’enquêteurs chevronnés : Colman Jacob Lubisi, Juvinary Jon et Lucy Kyusa. L’enjeu de cette mission dépasse les simples critères techniques. À terme, il s’agit d’ancrer durablement la transparence, la bonne gouvernance et la redevabilité au cœur des affaires publiques. Une exigence devenue non négociable pour le bien-être et le développement du peuple malgache.
Julien R.


