
Et si les mélodies, le jeu scénique, le slam et la danse se transformaient en puissants vecteurs de transformation sociale ? C’est le pari ambitieux relevé par le mouvement Nifin’Akanga, qui insuffle un vent nouveau sur la scène nationale à travers l’« artivisme ». L’expression artistique franchit désormais les frontières du simple divertissement pour devenir un véritable levier de prise de conscience collective face aux fléaux sociétaux. Pour faire résonner ce message citoyen, une vaste tournée nationale sillonne la Grande île. D’Antsiranana à Taolagnaro, en passant par Antalaha, Toamasina, Fianarantsoa, Mahajanga, Toliara et Antananarivo, cette initiative inédite s’étendra jusqu’au début de l’année prochaine. Il s’agit de la toute première grande expérimentation de mobilisation populaire par l’art à Madagascar, axée sur la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et la défense des droits fondamentaux des femmes.
Sensibilisation
La ville d’Antalaha a accueilli, en mai dernier, la première étape de cette aventure humaine et créative. Réunis en résidence artistique, de jeunes talents issus de divers horizons ont conjugué leurs sensibilités pour donner vie à des œuvres poignantes. Comme le rappelle avec justesse Mbolatiana Raveloarimisa, cofondatrice du mouvement, l’art réussit à exprimer ce que les mots peinent parfois à formuler, créant un pont émotionnel direct avec les populations. Ces créations engagées vont aller à la rencontre du grand public lors de restitutions ouvertes dans chaque région-étape. Parallèlement aux représentations, Nifin’Akanga mise sur la jeunesse à travers des interventions en milieu scolaire et des concours inter-lycées. L’objectif demeure limpide : éveiller les consciences, dénoncer les injustices et bâtir une société plus égalitaire, en faisant de la culture le langage universel du changement.
Narindra Rakotobe


