
Madagascar et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) entendent donner un nouvel élan à leur coopération. Une réunion bilatérale s’est tenue lundi dernier à Brazzaville, pour accélérer l’exécution des projets.
La rencontre s’est tenue en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BAD (Banque africaine de développement), entre le président de la BADEA, Abdullah KH Almusaibeeh, et le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé. Les discussions se concentraient autour de l’accélération de l’exécution des projets financés par l’institution à Madagascar. En effet, la rencontre intervient après la visite d’une envoyée spéciale du président de la Refondation de la République Madagascar au siège de la BADEA, afin de faire le point sur le portefeuille de projets et d’explorer de nouvelles opportunités, notamment dans le secteur privé. D’après le constat, le rythme d’exécution reste trop lent. Selon le président de la BADEA, près de 30% du portefeuille n’est pas encore exécuté, une situation jugée préoccupante au regard des besoins du pays.
Vers l’accélération
Ces retards ne sont pas seulement administratifs et ne concernent pas uniquement les projets financés par la BADEA. D’autres partenaires techniques et financiers ont déjà évoqué cette lenteur qui s’impose depuis plusieurs années. Ils entraînent des coûts financiers, économiques et sociaux supplémentaires, avec le risque de devoir demander des extensions de délais ou des financements complémentaires. Mais une solution est déjà en cours de mise en œuvre, dans le cadre de la Refondation, selon le ministre Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé. « Pour y remédier, Madagascar a déjà mis en place une task force chargée d’identifier les causes profondes des blocages », a-t-il indiqué. En outre, le ministre a rappelé que la Grande-île fait face à un déficit important en infrastructures économiques, notamment dans les transports, l’agriculture et d’autres secteurs essentiels. Pour le gouvernement, la priorité est donc d’accélérer les projets existants, afin que les financements engagés se traduisent plus rapidement en impacts concrets pour la population.
Du concret
La réunion a également permis d’aborder la question du financement des PME. Le ministre malgache a souligné que la création d’emplois productifs passe par un meilleur accès au crédit, mais aussi par des financements à des coûts plus abordables. Les dispositifs de microfinance existent, mais restent insuffisamment adaptés aux besoins des petites et moyennes entreprises. À l’issue des échanges, les deux parties ont convenu d’organiser rapidement une réunion virtuelle entre leurs équipes techniques, avec une revue approfondie du portefeuille. La Direction générale du Trésor sera associée aux discussions. Madagascar préparera aussi des propositions concrètes pour ouvrir de nouvelles perspectives de coopération.
Antsa R.




