
Le lamba, étoffe ancestrale et tissu emblématique de Madagascar, sera au cœur de la prochaine exposition du collectif MadagasyArt. Ainsi, « Lamba Ho Any », une immersion où le tissu malgache devient mémoire vivante et langage contemporain, sera exposée à Paris, à la Galerie 59 Rivoli, du 26 mai au 7 juin prochains. Ce collectif, né en 2012, signe sa 12ᵉ édition en réunissant vingt artistes qui font dialoguer héritage et modernité.
Le « lamba » se déploie ici comme symbole d’identité et de transmission. Plus qu’un vêtement, il incarne une mémoire spirituelle et sociale, reliant le corps à l’histoire et l’âme à la culture. Les œuvres présentées — photographies, textiles, peintures, installations et performances — traduisent cette dualité, révélant un tissu qui devient matière-monde.
Les artistes invités portent chacun une voix singulière. Amir J., plasticien, explore la matière textile comme territoire de mémoire. Carine Ratovonarivo, peintre, traduit l’énergie spirituelle du lamba dans ses toiles. Dina Rabearivelo et Mianoka, photographes, captent le corps comme archive vivante et intime. Hantraf et XhiM’aa, performeurs, incarnent la dimension rituelle et contemporaine du tissu. Henintsoa Hobinjatovo, sculpteur, dialogue avec la matière brute. José Nirina, vidéaste, interroge la mémoire visuelle et sonore. Tangalamamy, plasticien, propose des installations qui questionnent la mémoire collective. Taraoo, peintre, explore les symboles et couleurs du lamba. Enfin, la musique prolonge cette vibration avec Solorazaf, attendu en concert le 31 mai, et Selecta Tox, DJ qui tisse des passerelles sonores entre tradition et modernité. Leur approche plurielle fait dialoguer héritage ancestral et modernité, offrant une vision renouvelée du lamba comme « matière-monde ».
Le vernissage, qui aura lieu dans la soirée du 29 mai, promet d’être un moment fort, où le souffle créatif des artistes fera rayonner Madagascar au cœur de Paris.
Hanitra Andria


