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vendredi, septembre 11, 2026
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Mairie de Tana : Manœuvre dilatoire pour l’organisation de nouvelles élections municipales

Les nouvelles élections à la CUA risquent-elles de s’éterniser ?

Quatre mois après la décision historique du Conseil d’État annulant l’ensemble des résultats des élections municipales du 11 décembre 2024 dans la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), aucune date n’a encore été annoncée pour l’organisation d’un nouveau scrutin.

Alors que la plus grande collectivité du pays est administrée par une Délégation spéciale (PDS) à titre provisoire, l’absence de calendrier électoral alimente les interrogations sur l’avenir de la gouvernance de la capitale. Le 9 mars 2026, la haute juridiction administrative a rendu une décision sans précédent en annulant l’intégralité des suffrages obtenus par la liste conduite par Harilala Ramanantsoa, élue sous les couleurs des partisans d’Andry Rajoelina. Cette décision a entraîné la révocation de son mandat de maire ainsi que la dissolution de l’exécutif communal, ouvrant la voie à la nomination d’une Délégation spéciale chargée d’assurer la continuité de l’administration municipale dans l’attente de nouvelles élections. Aussi, des questions se posent sur la portée juridique des actes pris par Harilala Ramanantsoa avant l’annulation de son élection. Si le Conseil d’État a invalidé l’ensemble des suffrages qui avaient conduit à son élection, la question des conséquences de cette décision sur les actes administratifs adoptés durant son mandat continue d’alimenter les débats parmi les juristes.

Aujourd’hui, la capitale demeure privée d’autorités municipales élues. Ni maire ni conseillers municipaux issus des urnes ne siègent à l’Hôtel de Ville. La gestion de la capitale repose exclusivement sur une administration provisoire dirigée par Feno Ralambomanana. Si ce dernier est bien un élu local, issu du parti TIM, son mandat provient d’un arrondissement de la capitale et non d’une élection municipale à l’échelle de la CUA. Cette situation soulève des interrogations d’autant plus fortes que le régime avait rapidement exécuté les conséquences de la décision du Conseil d’État. L’annulation des résultats a été suivie de la mise en place de la Délégation spéciale, tandis que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a, elle aussi, connu une profonde recomposition après la démission collective de ses membres. En revanche, la convocation d’un nouveau scrutin municipal se fait toujours attendre.

Pour plusieurs observateurs de la vie politique, les élections communales d’Antananarivo ne figurent manifestement pas parmi les priorités de l’exécutif. Une lecture renforcée par le fait que plusieurs anciens candidats à la mairie de la capitale, dont Tahiana Razafinjoelina et Gascar Fenosoa, évoluent désormais dans l’entourage du président actuel. Au-delà des considérations politiques, la situation pose également une question institutionnelle. Le régime des Délégations spéciales, hérité des textes des années 1990, est conçu comme un dispositif transitoire destiné à assurer la continuité du service public jusqu’à l’installation de nouvelles autorités élues. Sa vocation est donc, par nature, provisoire. Pourtant, dans le cadre de l’initiative de « refondation » actuelle, l’absence prolongée d’élus à la tête de la Commune urbaine d’Antananarivo nourrit ainsi les interrogations sur la volonté réelle de « fanavaozana ».

Rija R.

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