
Le parti Malagasy Miara-Miainga (MMM) rompt le silence. Tout en reconnaissant les efforts de modernisation engagés par l’Exécutif, la formation politique menée par Hajo Andrianainarivelo dresse un constat lucide des défis socio-économiques persistants. Pour le parti, la solution ne réside plus dans de simples ajustements techniques, mais dans une véritable concertation nationale.
L’échiquier politique s’anime. Dans une déclaration récente, le MMM a tenu à clarifier sa position sur la marche actuelle des affaires nationales. D’emblée, le parti concède que des « étapes de refondation » ont été amorcées par le régime. Cependant, le ton change rapidement pour laisser place à une analyse rigoureuse des réalités de terrain. Difficultés économiques, chute du cours de la vanille, crise énergétique persistante et problématique du prix du riz : le constat est sans appel pour le MMM, les problèmes fondamentaux des Malgaches restent, à ce jour, sans solutions pérennes. Pour le MMM, la concertation nationale constitue l’unique voie du vrai changement.
Processus électoral. En effet, face à ce qu’il qualifie d’inquiétudes grandissantes de la population, le MMM ne se contente pas de critiquer. Le parti se dit « prêt à participer à toute concertation nationale », y voyant l’unique plateforme capable de jeter les bases d’un consensus pour un « changement véritable ». L’un des points de friction majeurs soulevés concerne le processus électoral. Pour le MMM, le mal est profond. « Le simple remplacement des membres de la CENI n’est pas la solution », martèle le parti. C’est une refonte totale de la structure et des lois régissant l’organe électoral qui est réclamée afin de garantir une transparence réelle et d’éviter au pays de replonger dans des crises cycliques. Pour la formation, un système ayant déjà prouvé ses failles ne peut en aucun cas restaurer la confiance des électeurs.
Équilibre des pouvoirs. L’ambition du MMM dépasse le cadre technique des élections. Le parti propose une participation active à l’élaboration d’une Constitution pour une Cinquième République. L’objectif affiché est clair : instaurer un meilleur équilibre des pouvoirs, une gouvernance harmonieuse et, surtout, une stabilité institutionnelle qui fait souvent défaut. Cette vision s’accompagne d’une exigence de décentralisation effective, pour réduire le fossé grandissant entre les régions et la capitale, en redonnant la priorité aux secteurs productifs locaux.
Force de proposition. Sur le terrain, le parti intensifie son maillage. Entre renouvellement des structures régionales et nouvelles adhésions, le MMM réaffirme sa stratégie de proximité. Une présence qui ne se veut pas uniquement politique, mais aussi sociale. Le parti rappelle d’ailleurs son engagement récent auprès des sinistrés du cyclone Gezani à Toamasina, illustrant sa volonté de prendre ses responsabilités au quotidien face aux détresses humaines. Pour clore son plaidoyer, le MMM décline une série de solutions techniques : politique de « prix plancher » pour le riz, promotion des énergies renouvelables pour pallier les carences de la JIRAMA et soutien accru aux PME pour dynamiser l’emploi. En somme, le MMM se positionne non pas comme un spectateur passif, mais comme une force de proposition prête pour le grand dialogue. La balle est désormais dans le camp du pouvoir : la concertation nationale, réclamée par une partie de la classe politique, sera-t-elle l’issue de cette période d’incertitude ?
Julien R.


