Cap sur l’unité et les élections. Plus d’un mois après sa nomination, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a présenté hier, devant l’Assemblée nationale, à Tsimbazaza, sa Politique générale de l’État (PGE). Un passage obligé, imposé par la Constitution pour tout nouveau chef de gouvernement, mais surtout un test politique dans un contexte national marqué par des tensions latentes. Face aux députés, le locataire de Mahazoarivo a défendu un programme centré sur une double priorité, notamment organiser des concertations nationales et conduire le pays vers les prochaines échéances électorales. Un calendrier resserré de 22 mois lui est accordé pour mener à bien ces missions jugées cruciales dans le processus de « refondation ». Au cœur de son discours, une promesse forte, celle d’« unifier tous les Malgaches ». Une déclaration qui résonne particulièrement dans un climat politique où certains acteurs attisent des discours à connotation ethnique. Le Premier ministre tente ainsi de se positionner en rassembleur, appelant à dépasser les clivages pour stabiliser le pays. Dans les faits, la feuille de route présentée ne marque pas de rupture majeure avec celle de son prédécesseur, Herintsalama Rajaonarivelo. Les grandes orientations restent similaires, avec un accent prononcé sur le dialogue politique et l’organisation d’élections. Sur le plan économique, Mamitiana Rajaonarison promet néanmoins des résultats tangibles d’ici la fin de son mandat. Un engagement ambitieux, alors que Madagascar traverse une crise énergétique exacerbée par les tensions géopolitiques internationales. Malgré ce contexte défavorable, le chef du gouvernement affiche sa volonté de relancer la machine économique et de répondre aux attentes sociales. Reste à savoir si cette feuille de route, sans véritable innovation apparente, saura convaincre au-delà de l’hémicycle et produire les effets escomptés dans un délai aussi contraint.
Rija R.


