
Alors que la tension politique reste vive à Madagascar, l’éventuelle libération de Mamy Ravatomanga cette semaine à l’île Maurice promet d’animer durablement la vie publique de la Grande île.
Incarcéré depuis le 25 octobre dernier à la prison de haute sécurité de Melrose, Maminiaina Ravatomanga entrevoit une possible libération prochaine. Cette perspective, révélée par Mondafrique, fait l’effet d’un véritable séisme et met en ébullition le microcosme politique malgache. Lorsqu’il arrive sur l’île Maurice par un jet privé dans la nuit du 11 au 12 octobre 2025, à la veille du départ du président Andry Rajoelina du pouvoir, le magnat est visé par une enquête de la Financial Crimes Commission mauricienne, qui a gelé 180 millions de dollars lui appartenant dans deux banques locales. Il est incarcéré depuis la fin du mois d’octobre. Alors que l’hiver austral s’installe dans l’archipel des Mascareignes, une audience fixée dans les jours qui viennent pourrait aboutir à sa libération sous caution.
Plaintes formelles
Au-delà du contexte géopolitique, ce sont les plaidoiries des avocats du milliardaire qui pèsent devant la justice. Après avoir envisagé de saisir le Conseil privé du roi à Londres, à la suite du refus de la Cour suprême mauricienne, la défense de Mamy a finalement retiré son recours pour se tourner de nouveau vers les acteurs locaux, à savoir le Directeur des poursuites publiques et la FCC. Cette dernière a accepté d’examiner une nouvelle demande d’élargissement ce mois d’août. Les conseils de l’homme d’affaires avancent que, depuis plus de sept mois, l’instance de régulation du hub financier mauricien n’a pas établi de plaintes formelles à son encontre, justifiant ainsi un élargissement sous caution, en attendant la clôture du dossier. Un obstacle de taille a également été levé : alors que la Cour suprême pointait l’absence de lieu de résidence permanent, la défense a produit un bail renouvelé jusqu’en août2028 pour une luxueuse villa à Belle-Vue-Harel, accompagné d’un affidavit du propriétaire autorisant la fille de Mamy à y héberger son père.
Coordination
Les poursuites visant le magnat relèvent de trois juridictions principales : Maurice, Madagascar et la France. Cependant, les actions de ces pays manquent de coordination. Fin février 2026, la ministre de la Justice malgache, Fanirisoa Ernaivo, s’est ainsi étonnée du manque de suites données aux dossiers d’évasion fiscale et de blanchiment en bande organisée transmis dès 2018. Les investigations mauriciennes ciblent également des acquisitions immobilières en Europe via des montages financiers complexes mêlant sociétés civiles immobilières et entités off-shore, rappelant d’anciennes affaires en France. Malgré ces multiples accusations, les avocats de Mamy exploitent habilement la fragmentation des dossiers entre fraude fiscale, marchés publics et détournements pour éviter, à ce stade, toute inculpation formelle pour crime. Par ailleurs, les relations internationales pèsent lourd : alors que les soutiens de l’ancien président Rajoelina s’activent à Paris, Madagascar fait face à des tensions financières avec le FMI et à la validation, par la Haute Cour constitutionnelle, du retour à l’État des emprises foncières coloniales. Entre la présence de forces russes à Ivato et la proximité de la base américaine de Diego Garcia, l’extradition de Mamy Ravatomanga demeure hautement improbable, laissant présager un nouveau chapitre décisif pour l’équilibre de toute la région de l’océan Indien
Julien R.





Un article de MONDAFRIQUE teinté de Françafrique subodorant Macron comme instigateur en coulisse d’une pression sur la justice Mauricienne !