
Dernière escale, dernier signal. Marc Ravalomanana achève ce jour à Antsiranana une tournée provinciale entamée en février, après avoir sillonné les grandes capitales régionales du pays.
De Fianarantsoa à Toliara, de Mahajanga à Toamasina, l’ancien président conclut son périple dans la capitale de la région Diana, avec en ligne de mire une démonstration de présence politique dans le Nord. Arrivé hier à l’aéroport d’Arrachart, Marc Ravalomanana a été accueilli officiellement par le maire Jean-Luc Djavojozara. Un accueil loin d’être anodin. Dans une déclaration publique, le maire d’Antsiranana a insisté sur la nécessité pour la ville d’honorer un ancien chef d’État, au-delà des clivages. « Les opinions politiques peuvent être différentes », a-t-il reconnu, tout en affirmant qu’Antsiranana « ne peut être indifférente » à une telle visite. Derrière la courtoisie institutionnelle, le message politique affleure.
Depuis la présidentielle de 2023, Jean-Luc Djavojozara et Marc Ravalomanana évoluent dans le même camp face au pouvoir en place, dirigé par Andry Rajoelina. Une convergence qui donne à cette visite une portée qui dépasse le simple protocole. Car cette tournée n’est pas qu’une succession de visites de courtoisie, elle s’inscrit dans une stratégie de terrain. Depuis février, l’ancien président reprend langue avec ses bases, remobilise ses réseaux et réactive l’implantation territoriale du Tiako i Madagasikara (TIM). Officiellement, il s’agit d’une tournée de présentation de vœux. Officieusement, le timing et l’ampleur des déplacements traduisent une volonté de réoccuper l’espace politique. Antsiranana constitue, à ce titre, une étape symbolique.
Mobilisation. Le Nord, souvent considéré comme un terrain politiquement disputé, représente un test grandeur nature pour la capacité de mobilisation de l’ancien chef d’État. En venant à la rencontre de ses partisans dans cette région, Marc Ravalomanana cherche à élargir son ancrage au-delà de ses bastions traditionnels. Le moment fort de cette visite est attendu ce jour avec un meeting politique prévu à l’Hôtel de la Poste, en plein centre-ville. Les cadres du parti ont déjà pris position et les membres du bureau politique du TIM sont arrivés dès hier matin, préparant le terrain pour une mobilisation que les organisateurs annoncent significative.
Sur place, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord de galvaniser les militants locaux, mais aussi de mesurer, en conditions réelles, l’écho de la figure Ravalomanana dans une région éloignée des centres habituels de son influence. Dans un contexte marqué par le changement de régime, chaque rassemblement devient un baromètre. Cette tournée intervient, en effet, dans une période où les lignes politiques restent mouvantes. Entre repositionnements, alliances tacites et rivalités ouvertes, les formations politiques cherchent encore leur cohérence. Mais au-delà des discours, c’est la capacité de mobilisation qui est scrutée. À Antsiranana, clap de fin d’une tournée nationale… mais peut-être lever de rideau d’une nouvelle phase pour le TIM.
Rija R.




