
Marc Ravalomanana relance son offensive européenne et appelle au pragmatisme face à la crise malgache.
En pleine tournée européenne, Marc Ravalomanana reprend l’initiative sur la scène internationale. Après son arrivée à Paris mardi dernier, l’ancien président s’est rendu mercredi à Bruxelles, où il affirme avoir rencontré de hauts responsables de l’Union européenne. Un déplacement qui intervient dans un contexte de repositionnement diplomatique de Madagascar et sur fond de débat autour des futures concertations nationales. Le président national du parti TIM a profité de son passage dans la capitale belge pour délivrer un message politique sans détour. « Madagascar a besoin de pragmatisme. Le pays n’a pas besoin de menaces, d’intimidations ou d’emprisonnements. La population a besoin de comprendre qu’elle est écoutée et soutenue », a-t-il déclaré, plaidant pour une gouvernance davantage tournée vers le dialogue que vers la coercition.
Marc Ravalomanana a également insisté sur les priorités sociales du moment. Selon lui, les attentes des Malgaches sont avant tout économiques. « La population n’a pas besoin actuellement de chars et d’autres équipements. Elle veut de la nourriture », a-t-il affirmé, dans une critique implicite des choix budgétaires et sécuritaires du pouvoir. À Bruxelles, l’ancien chef de l’État a surtout affiché sa volonté de renouer les liens avec les partenaires européens. « Nous devons toujours garder de bonnes relations avec les pays européens. Nous avons été délaissés ces derniers temps par les Européens », a-t-il déclaré, estimant indispensable de restaurer une coopération solide avec l’Europe. Cette démarche contraste avec l’orientation diplomatique privilégiée par le régime actuel, qui renforce sa coopération avec la Russie, notamment dans le domaine militaire.
Diaspora
Alors que Moscou et l’Union européenne demeurent engagés dans une confrontation géopolitique majeure autour de la guerre en Ukraine, Marc Ravalomanana semble vouloir repositionner son camp dans le giron des partenaires européens et occidentaux, misant sur une diplomatie de rapprochement avec Bruxelles. Sa tournée se poursuivra ce samedi à Paris, où il rencontrera la diaspora malgache. Organisée par ses partisans, cette réunion devrait réunir plusieurs représentants de la communauté malgache vivant en Europe. Les discussions porteront notamment sur les concertations nationales annoncées à Madagascar, un processus auquel la diaspora est appelée à contribuer. À travers cette sortie européenne, l’ancien président envoie un double signal. À l’extérieur, il cherche à réactiver ses réseaux auprès des partenaires occidentaux et, à l’intérieur, il se pose en défenseur d’une approche plus pragmatique, centrée sur les préoccupations quotidiennes de la population.
Rija R.


