
Alors que Michaël Randrianirina, président de la Refondation, a déjà annoncé que l’État est prêt pour la tenue d’élections à partir de juillet 2027, la classe politique malgache donne l’impression de marcher au ralenti. Seules trois formations maintiennent une présence visible sur le terrain. Les autres se contentent d’observer, en pariant sur une recomposition institutionnelle après la « concertation nationale » pour exister.
Le TIM en tête de peloton. Le Tiako i Madagasikara (TIM) de l’ancien président Marc Ravalomanana occupe clairement le devant de la scène. Le parti poursuit sans relâche sa redynamisation de la base, avec un calendrier chargé et des descentes régulières dans les régions. Vendredi dernier, Marc Ravalomanana était à Toamasina, dans l’objectif de rencontrer les militants et de constater la réhabilitation du QG local. Samedi, le coordinateur national, Williamson Razafindrano, a réuni les responsables TIM des régions Anosy et Androy. Hier, c’est le secrétaire général, Rina Randriamasinoro, accompagné des membres du Bureau politique, qui a poursuivi la tournée à Vatomandry.
Adhésion populaire. Pour les dirigeants du parti, cette mobilisation répond à une mission claire. « L’une des responsabilités d’un parti politique est l’animation de la vie politique : inciter les citoyens à suivre de près et à participer aux affaires nationales, tout en informant et en préparant les membres pour toutes les échéances », rappellent-ils. L’ambition n’est pas cachée. Marc Ravalomanana n’a jamais démenti son souhait de revenir à la tête de l’État pour, dit-il, « sortir Madagascar de la misère ». Interrogé récemment par la presse sur une éventuelle candidature en 2027, il a préféré éluder. Mais dans les rangs du TIM, la conviction est forte : il sera dans les starting-blocks le moment venu. L’enjeu sera désormais de transformer cette présence sur le terrain en adhésion populaire, dans un contexte où les attentes sociales restent fortes. En dehors du TIM, deux autres formations restent actives : le Malagasy Miara-Miainga (MMM) de Hajo Andrianainarivelo et le Hery Vaovao hoan’i Madagasikara (HVM) de Hery Rajaonarimampianina. Leur activité est plus discrète, mais régulière. Moins de grandes tournées nationales, davantage de travail de structuration et de concertation avec les bases. Elles entretiennent ainsi leur visibilité sans s’exposer à l’usure. Dans un paysage marqué par l’inconstance, cette continuité constitue déjà un avantage.
Part du gâteau
Le reste du paysage politique se résume à ce que le député d’Ikalamavony, Pety Rokotoniaina, a résumé sans détour : « les autres formations politiques font tout simplement du bruit dans l’espoir d’obtenir leur part lors de la prochaine distribution de seza ». Absent du terrain, ce bloc majoritaire concentre ses efforts sur la revendication institutionnelle. Dissoudre certaines institutions, en créer de nouvelles « plus inclusives », organiser un grand consensus : voilà les leitmotivs. Derrière ce discours se cache une réalité simple. N’ayant ni moyens ni ancrage, ces partis cherchent à obtenir une place à la table des négociations sans passer par la case campagne. Car à force de briller uniquement par des communiqués entre deux élections, il devient difficile de convaincre au moment du vote. Pendant ce temps, les trois partis présents sur le terrain quadrillent le pays, rencontrent les électeurs et testent leurs messages. Cette différence de rythme en dit long sur l’état du paysage politique. D’un côté, des partis qui choisissent d’animer et de préparer. De l’autre, une majorité qui mise sur l’attentisme et les négociations de dernière minute. Sur les quelque 200 partis recensés, une dizaine seulement fonctionnent réellement. Le reste attend « sa part du gâteau ».
Julien R.





Le Vieux CAÏMAN ne veut pas lacher le « bout de GRAS »!!!!!