
Alors que la classe politique se repositionne à l’ère de la Refondation, l’ancien président soigne sa base historique. Après ses tournées en province, il boucle la mobilisation des six arrondissements de la capitale.
Ravalomanana ne laisse rien au hasard. Hier, l’ancien président et fondateur du Tiako i Madagasikara (TIM) a rencontré les responsables du FokoTim du Ve arrondissement d’Antananarivo, bouclant ainsi sa série de réunions avec les structures de base de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA).
Bastion historique
En quelques jours, le leader du TIM aura, tour à tour, échangé avec les responsables des Ier, IIe, IIIe, IVe, Ve et VIe arrondissements. Objectif affiché : donner les directives politiques, affûter les stratégies électorales et assurer la formation idéologique et organisationnelle des dirigeants qui seront déployés dans les fokontany de la capitale. Ce choix de commencer, ou plutôt de finir, par Antananarivo n’est pas anodin. La capitale a toujours été le bastion historique du TIM et le baromètre de la vie politique nationale. C’est ici que Marc Ravalomanana a bâti sa légende de maire bâtisseur avant d’accéder à la présidence en 2002, et c’est ici qu’il a subi ses plus cuisants revers après 2009.
Machine organisationnelle
En verrouillant les six arrondissements, l’ancien président envoie un double message. D’abord à ses troupes : « Venir ensemble, c’est le commencement ; travailler ensemble, c’est la réussite », a-t-on martelé lors des rencontres. Ensuite à ses adversaires : le TIM est toujours une machine organisationnelle, capable de mailler les 192 fokontany de la CUA, là où beaucoup d’écuries politiques n’existent que sur les réseaux sociaux. Le mot d’ordre, « Anio no fotoana – The Time is Now », traduit d’ailleurs l’urgence du moment. Alors que d’autres formations sont déjà en ordre de bataille pour les prochaines échéances électorales, dont le calendrier reste à préciser dans le contexte de la Refondation, Ravalomanana veut prendre une longueur d’avance sur le terrain, pas seulement dans les déclarations médiatiques.
Structuration durable
Reste une question que les observateurs ne manqueront pas de poser : cette remobilisation vise-t-elle un retour au premier plan de l’homme lui-même, ou la préparation d’une nouvelle génération du TIM ? À 76 ans, l’ancien président reste incontestablement la figure centrale du parti, mais la multiplication des rencontres de proximité suggère aussi une volonté de structuration durable, au-delà de sa seule personne. Dans tous les cas, le signal est clair : à l’heure où la recomposition politique s’accélère, le TIM entend bien rester un acteur incontournable, en commençant par reconquérir méthodiquement sa base naturelle.
Julien R.




