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mercredi, octobre 7, 2026
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Marché des devises : Nouvelle dépréciation de la monnaie nationale

Après avoir connu une relative bonne santé en début d’année, la monnaie nationale subit de nouveau des pressions sur le marché des changes.

Entre le 25 mars 2026, date de la nomination du gouvernement Mamitiana Rajaonarison, et le 30 septembre dernier, l’ariary a enregistré une dépréciation face aux principales devises de référence.

Structurellement dépendant

Selon les taux de change de la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM), sur cette période, le dollar est passé de 4 167,57 ariary à 4 426,02 ariary, soit une appréciation de 6,2 %. De son côté, l’euro est passé de 4 739,45 à 4 974,79 ariary, enregistrant une progression de près de 5 %. Cette appréciation des devises de référence, ou inversement la dépréciation de l’ariary, s’explique en premier lieu par la situation des échanges extérieurs du pays, qui demeure structurellement dépendant des importations. Madagascar importe notamment les produits énergétiques, les biens d’équipement et une partie importante des produits de consommation. Cette situation entretient une demande soutenue de devises étrangères, alors que l’offre demeure encore limitée. Sur ce point, d’ailleurs, le FMI fait état d’un déficit courant qui devrait atteindre 8,3 % du PIB en 2026, contre 6 % en 2025. À cela s’ajoute le renchérissement de la facture pétrolière, marqué par la hausse des cours du pétrole brut, qui se répercute directement sur les besoins en dollars des opérateurs chargés de l’approvisionnement du pays. Les besoins supplémentaires en importations liés à la reconstruction après le passage des cyclones constituent également un autre facteur de hausse de la demande en devises. Alors que l’offre n’évolue pas correctement, en raison des performances encore limitées de certaines filières exportatrices, notamment le nickel, la vanille et le textile. En somme, Madagascar continue de subir les effets néfastes du déséquilibre entre l’offre et la demande de devises, auquel s’ajoutent les fluctuations des grandes monnaies sur les marchés internationaux.

Réserves en devises

Mais la situation n’est pas aussi alarmante qu’on peut le croire. Cette dépréciation ne signifie pas nécessairement que le pays se trouve dans une situation de rupture de liquidités extérieures. D’après le FMI, le pays dispose encore de réserves en devises représentant 6,1 mois d’importations en 2026, contre 6,9 mois en 2025. Des réserves qui vont encore se renforcer grâce à l’approbation des troisième et quatrième revues du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), avec, à la clé, le décaissement d’environ 155 millions de dollars, susceptible de contribuer au renforcement des réserves et à la couverture des besoins de financement extérieur. Par ailleurs, la politique monétaire prudente adoptée par la BFM joue un rôle important dans le maintien de l’équilibre, en limitant l’inflation. Le relèvement du taux directeur de la Banque centrale à 12,5 % en août dernier s’inscrit notamment dans cette logique de maîtrise des pressions inflationnistes.

Incertitudes

Quoi qu’il en soit, le gouvernement a intérêt à poursuivre cette politique de prudence pour bien gérer les trois derniers mois, qui pourraient être marqués par des incertitudes. La demande de devises pourrait demeurer importante, compte tenu des besoins d’importation, de la facture énergétique et des dépenses traditionnellement liées à la fin de l’année. L’évolution des cours internationaux du pétrole constituera notamment un facteur déterminant, dans la mesure où une nouvelle hausse des prix pourrait accentuer les besoins en dollars et exercer des pressions supplémentaires sur l’ariary. À l’inverse, une détente des cours pétroliers, combinée à une amélioration des recettes d’exportation et à des entrées régulières de financements extérieurs, pourrait contribuer à stabiliser le marché des changes. Le maintien des réserves internationales à un niveau relativement confortable et les décaissements attendus des partenaires financiers constituent également des facteurs susceptibles d’amortir les tensions. Et permettre au peuple malgache de passer les fêtes de fin d’année dans les meilleures conditions possibles.

R.Edmond.

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