
L’enquête sur l’assassinat particulièrement atroce d’un enfant albinos à Ankilibe, dans le district de Toliara, a connu une avancée majeure. 18 personnes soupçonnées d’être impliquées dans ce crime ont été déférées devant le tribunal de première instance d’Antananarivo le 11 juin dernier. À l’issue de leur présentation devant la justice, 16 suspects ont été placés en détention provisoire à la prison de Tsiafahy, tandis que deux femmes ont été écrouées à la maison centrale d’Antanimora. Lors d’une déclaration officielle, le procureur de la République, Narindra Navalona Rakotoniaina, a indiqué que les réseaux impliqués dans les enlèvements et assassinats de personnes atteintes d’albinisme sont désormais identifiés par les autorités. Il a également lancé une mise en garde ferme à l’encontre de toute personne tentée de participer à de tels actes criminels.
Les faits remontent au 28 mai dernier
Ce jour-là, cinq individus armés de couteaux et de sabres ont fait irruption au domicile d’un couple vivant à Ankilibe. La famille compte quatre enfants, dont deux atteints d’albinisme. Les assaillants visaient un enfant albinos âgé d’à peine un an et demi. La mère est parvenue à protéger le plus jeune enfant qu’elle portait dans ses bras, empêchant son enlèvement. Le père de famille a cependant été blessé au cours de l’attaque.
Les investigations menées par les forces de l’ordre ont permis une découverte macabre. Le corps et la tête de l’enfant, séparés après sa mort, ont été retrouvés dans les habitations de deux suspects. Selon le procureur, les personnes interpellées ont reconnu leur implication lors des interrogatoires et ont expliqué le rôle joué par chacun au sein du réseau criminel. D’après les éléments de l’enquête, certains membres étaient chargés de repérer les personnes atteintes d’albinisme, d’autres d’organiser les opérations, tandis que plusieurs participaient directement à l’enlèvement, au meurtre et au prélèvement des organes de la victime. Les autorités poursuivent actuellement les investigations afin d’identifier les commanditaires et les principaux bénéficiaires de ce trafic criminel.
Les 18 suspects sont poursuivis pour enlèvement d’enfant ayant entraîné la mort de la victime, trafic illégal d’organes humains et association de malfaiteurs. Ces infractions sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. Le parquet a rappelé que la lutte contre les crimes visant les personnes atteintes d’albinisme figure parmi les priorités de la politique pénale de l’État. « Aucune distinction ne sera faite entre les personnes impliquées dans de telles affaires », a souligné le procureur, affirmant que la justice appliquera la loi avec la plus grande fermeté.
Yv Sam




