
L’émotion et la colère ont éclaté jeudi à Ambositra après la découverte du corps sans vie de Larissa, une fillette de 10 ans portée disparue depuis le 30 avril dernier. Une foule de manifestants, réclamant justice pour l’enfant, a saccagé puis incendié le domicile de la famille de l’un des suspects arrêtés dans le cadre de cette affaire. Un commerce appartenant à la famille du suspect a également été pillé.
« Justice pour Larissa », « Remettez-nous les auteurs du crime ». Ces slogans ont résonné jeudi dans les rues d’Ambositra. Des habitants en colère ont organisé une manifestation après la découverte, mercredi, du corps de la fillette, retrouvé enterré dans une fosse à Fasimena, dans le district d’Ambositra. Le cortège a traversé la ville, avec le corps de l’enfant, tandis que les manifestants réclamaient que les personnes suspectées dans cette affaire leur soient remises.
La situation a rapidement dégénéré lorsqu’une partie de la foule s’est dirigée vers le domicile de l’un des suspects. La maison a été vandalisée avant d’être incendiée. Une quincaillerie exploitée par la famille du suspect a également été dévalisée. Face à la tension, les forces de l’ordre sont intervenues en fin de journée pour disperser les manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes.
Le corps retrouvé grâce aux indications d’un suspect
La dépouille de Larissa a été retrouvée après les indications fournies par l’un des suspects, selon la procureure, dans une déclaration vidéo diffusée mercredi soir par le ministère de la Justice. En raison de l’état de décomposition avancé du corps, l’identification s’est révélée difficile. La famille affirme toutefois avoir reconnu la fillette grâce à ses cheveux et à ses vêtements. Les images de l’exhumation de la dépouille ont largement circulé jeudi dans les médias et sur les réseaux sociaux, ravivant l’émotion et l’indignation de la population.
Larissa avait disparu le 30 avril 2026 alors qu’elle se rendait à l’école. Elle n’est jamais rentrée chez elle. Ses parents avaient immédiatement signalé sa disparition et participé aux recherches pour tenter de la retrouver. Les investigations menées depuis plusieurs semaines avaient abouti à l’arrestation de quatre personnes. Elles sont poursuivies pour enlèvement et demande de rançon, le montant réclamé étant de 30 millions d’ariary. Selon les éléments communiqués dans le cadre de l’enquête, quatre millions d’ariary auraient déjà été versés. Les suspects avaient été présentés au parquet le 8 mai. L’un d’entre eux avait reconnu son implication présumée dans l’affaire, mais n’avait pas, dans un premier temps, indiqué où se trouvait le corps de l’enfant.
Deux suspects placés à Tsiafahy
Parmi les personnes mises en cause figure également une femme présentée par les enquêteurs comme une proche de la mère de la victime. Jeudi soir, le ministère de la Justice a annoncé le transfert des quatre suspects vers les établissements pénitentiaires de Tsiafahy et d’Antanimora. Les deux hommes ont été transférés à la prison de Tsiafahy, tandis que les deux femmes suspectées sont détenues à la maison centrale d’Antanimora. Selon le ministère de la Justice, ces mesures ont été prises afin de garantir la sécurité des personnes mises en cause et de permettre le bon déroulement de la procédure judiciaire. L’enquête se poursuit pour déterminer avec précision les circonstances de la disparition et de la mort de Larissa, ainsi que le degré de responsabilité de chacune des personnes impliquées.
Yv Sam




