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mercredi, octobre 21, 2026
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Michaël Randrianirina : « 100 tonnes d’or par an partent vers Dubaï »

Le président de la Refondation de la République, lors de sa prise de parole à l’ADEMA Ivato.

À Ivato, le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, livre une analyse économique interpellante : Madagascar pourrait réduire sa dépendance financière extérieure en maîtrisant davantage l’exploitation et l’exportation de ses richesses minières.

Un potentiel de 10 milliards de dollars

Le chiffre donne le vertige. Pas moins de 100 tonnes d’or quitteraient chaque année Madagascar à destination de Dubaï, selon les informations avancées par le président de la Refondation de la République de Madagascar (PRRM), le colonel Michaël Randrianirina. Et encore, ce volume ne tiendrait pas compte des exportations vers l’Europe et l’Inde. Lors de sa visite effectuée hier auprès de l’ADEMA à Ivato, le chef de l’État a développé une analyse économique qui interpelle sur la gestion des richesses nationales. Selon ses estimations, une meilleure organisation de la filière aurifère, associée à une traçabilité rigoureuse des transactions et à la mise en place d’un guichet unique efficace, pourrait permettre à Madagascar de rapatrier jusqu’à 10 milliards de dollars de devises. Un montant potentiel considérable, même s’il reste à confirmer par des données consolidées sur les flux réels d’exportation. L’enjeu dépasse la seule filière aurifère. Pour le PRRM, une telle manne financière pourrait contribuer à réduire sensiblement la dépendance du pays envers le Fonds monétaire international (FMI). Autrement dit, Madagascar disposerait dans son sous-sol d’une partie des ressources nécessaires pour financer son propre développement. Encore faudrait-il parvenir à les maîtriser et à en tirer effectivement profit.

Des aéroports sous surveillance

Cette réflexion économique s’accompagne d’une dénonciation des circuits de contrebande et des défaillances présumées dans les dispositifs de contrôle. Le colonel Michaël Randrianirina a particulièrement attiré l’attention sur la situation des aéroports, notamment celui de Nosy Be, où l’efficacité des mécanismes de surveillance soulève, selon lui, de sérieuses interrogations. Comment des richesses nationales peuvent-elles quitter clandestinement le territoire malgré l’existence de services chargés de contrôler les mouvements de marchandises et de passagers ? Le chef de l’État refuse que Madagascar devienne une véritable « passoire », laissant circuler impunément les produits prohibés et les ressources minières. Il est également revenu sur l’affaire des onze ressortissants chinois, indiquant que les investigations se poursuivent et que plusieurs noms ont déjà été identifiés. Des arrestations auraient également été effectuées. Cette affaire ravive les interrogations sur l’existence de complicités et sur la fiabilité des services chargés des enquêtes et des contrôles aéroportuaires. Pour le PRRM, la lutte contre les trafics ne saurait produire des résultats durables sans un assainissement des structures censées les combattre.

Paradoxe

Au-delà des trafics, le président de la Refondation a établi un lien direct entre les dysfonctionnements de la gouvernance et les difficultés quotidiennes des Malagasy. Il juge particulièrement préoccupant qu’un pays disposant d’autant de ressources naturelles continue de connaître une pauvreté aussi importante. Dans son intervention, il a vivement dénoncé la corruption, les détournements de fonds publics et les pratiques qui privent la population des retombées de la richesse nationale. Son raisonnement repose sur une contradiction fondamentale : comment expliquer que les richesses du sous-sol puissent représenter des milliards de dollars alors que les besoins essentiels de la population demeurent largement insatisfaits ? Le chef de l’État appelle ainsi les responsables publics à renouer avec la probité et le sens de l’intérêt général. La question, à ses yeux, ne se limite plus à la disponibilité des ressources financières, mais concerne avant tout la capacité des institutions à les gérer correctement.

Des milliards dépensés, mais quels résultats ?

Le même constat s’applique, selon le PRRM, aux ristournes et aux subventions transférées aux Régions dans le cadre de la décentralisation. Si ces ressources doivent permettre de rapprocher le développement des populations, leur utilisation mérite un examen approfondi. Le colonel Michaël Randrianirina s’est notamment interrogé sur les réalisations concrètes financées par ces transferts : combien de routes effectivement réhabilitées, d’hôpitaux améliorés ou de services publics renforcés ? Il a déploré la place parfois excessive accordée aux dépenses de fonctionnement et aux études, au détriment des investissements directement utiles aux citoyens. L’insuffisance des audits et des dispositifs de suivi-évaluation constitue également, selon lui, une faiblesse majeure. En filigrane, le chef de l’État défend une approche fondée sur les résultats plutôt que sur les seuls montants décaissés. Qu’il s’agisse de l’or, des recettes publiques ou des transferts financiers aux collectivités territoriales, le message demeure le même : la richesse nationale doit d’abord bénéficier à la population. Une exigence qui place désormais la transparence, la redevabilité et l’efficacité de la dépense publique au cœur des défis de la Refondation.

Antsa R.

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2 Commentaires

  1. Au fait ! Le Pdt a t il déclarer son patrimoine afin que le public sache ?????
    C’est aussi cela lutter contre la corruption

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