
47% seulement des enfants achèvent le cycle primaire et 37% des moins de cinq ans présentent encore un retard de croissance. Ces chiffres issus de l’enquête MICS 2025 relatent toute l’évolution de la situation sociale malgache.
Huit ans après la précédente Enquête par grappes à indicateurs multiples, réalisée par l’Institut national de la statistique (INSTAT), avec l’appui technique et financier de l’UNICEF et de plusieurs partenaires, les nouveaux indicateurs permettent de mesurer les progrès accomplis, mais aussi l’ampleur des défis qui persistent.
Éducation
En 2018, la MICS faisait déjà apparaître une importante déperdition scolaire. En effet, moins de trois enfants sur cinq achevaient le primaire, tandis que le taux net ajusté de fréquentation du primaire était, lui, de 76%. Dans sa version de 2025, l’enquête démontre que la fréquentation reste presque au même niveau, avec 75%. Mais seuls 47% des enfants achèvent désormais le cycle primaire. Ces chiffres invitent à « dépasser la seule question de l’accès à l’école ». Le véritable enjeu est également celui du maintien des élèves dans le système scolaire et de leur capacité à aller jusqu’au bout du cycle.
Amélioration
La nutrition offre un autre indicateur particulièrement parlant. En 2018, le retard de croissance concernait 42% des enfants de moins de cinq ans. La MICS 2025 le situe à 37%. Cette évolution suggère une amélioration, mais le niveau demeure préoccupant, car plus d’un enfant sur trois reste touché par la malnutrition chronique. Il conviendrait toutefois de noter que les conséquences de cette malnutrition dépassent la santé immédiate, puisqu’elle peut affecter le développement, les apprentissages et, à terme, le potentiel économique.
Vision
Réalisée auprès de 19 785 ménages, l’enquête MICS 2025 fournit ainsi une nouvelle photographie nationale après celle de 2018. Elle renseigne environ 43% des indicateurs des Objectifs de développement durable. L’enjeu est désormais de faire de ces données autre chose qu’un état des lieux. Outils d’aide à la décision, elles devraient permettre de mesurer les trajectoires et de mieux orienter les politiques publiques.
José Belalahy




