Le 14 Octobre au même rang que le 26 Juin c’est-à-dire qu’il y aura similitude de festivités (défilé, discours) et surtout même journée fériée pour vaquer aux mêmes libations). Même sens ? Le 14 Octobre fêtait la naissance de la République c’est-à-dire en gros la dotation du pouvoir au peuple non à une dynastie de sang royal et encore moins à une domination étrangère. Voilà pourquoi cette journée selon les initiateurs elle sera dorénavant dénommée la fête de « la Liberté ». Question ? Est-ce que ce ne serait pas plutôt une couronne de fleurs de plus offerte à la Première République et surtout à son principal fondateur, feu Philibert Tsiranana, d’autant que les préparateurs de cette restauration viennent du fief du Premier président de la République. Il est fort à parier qu’un pèlerinage sera organisé et aboutira à Anahidrano, ville natale dont le fils est l’illustre Tsiranana Philibert. Simple coïncidence de date peut-être mais c’est la même date qu’Andry Rajoelina s’est dérobé à la vindicte populaire en se faisant exfiltrer par un avion et équipage militaire français à l’Île Sainte Marie. Mais la motivation se réduit-elle à ces divers arguments ? En ces temps sensibles politiquement, n’y-a-t-il pas un relent de volonté d’écarter à jamais, encore une fois, un pouvoir jadis hégémonique, qui, une fois la République établie, on a voulu ne plus le restaurer ? On a trop vite omis que l’intégralité de la deuxième et le début de la troisième République avaient comme principaux acteurs des personnalités non issues de la partie des Malgaches hégémoniques d’avant la colonisation. Pour dire que cette date historique élevée au pinacle de l’histoire du pays ne peut qu’ébranler une unité nationale longuement bâtie, mais encore fragile, par des combattants armés seulement de valeurs non partisanes. Puis tant qu’on y est, pourquoi le 14 Octobre ne sera pas consacré comme fête de La Liberté, de l’Egalité et la de Fraternité ? Mais comme la politique à Madagascar est comme elle, c’est-à-dire instable, certains diront encore une fête ? Oui, le Nouveau Beaujolais est arrivé !
Les Américains sont là, persistent et signent pour nos terres rares
Jamais nos plus hautes autorités n’ont été autant sollicitées par les personnalités de la diplomatie américaine. « Cette succession de contacts de haut niveau révèle un intérêt américain devenu plus soutenu pour Madagascar, alors que la compétition internationale autour des minerais critiques s’intensifie » avons-nous lu dans nos colonnes. Plus clairement, ils veulent nos terres rares et damer le pion à l’avantage concurrentiel en la matière des Chinois qui sont déjà présents chez nous.
Au cœur des négociations diplomatiques se trouve d’abord le projet Vara Mada porté par Energy Fuels dans le Sud-Ouest de Madagascar, lequel prévoit notamment la production de minéraux lourds contenant de la monazite, source de terres rares. Il faut préciser qu’au début il était question d’ilménite comme à Fort Dauphin puis sont objet s’est tourné vers la monazite ce qui est en fait une source précieuse pour les « aimants » des technologies vertes, (pour les véhicules électriques notamment). La monazite qui est un « sous-produit » de l’extraction principale d’ilménite (titane), rutile et zircon sera exportée vers l’usine White Mesa Mill d’Energy Fuels aux États-Unis. Il faut noter que la monazite est « naturellement radioactive » en raison du thorium et de l’uranium qu’elle contient. Donc le risque de contamination de l’environnement et de la population n’est pas à exclure.
Voilà pourquoi le projet initial Toliara Sands a fait l’objet de controverse jusqu’au plus haut niveau de l’Etat et il semble que maintenant tout soit rentré dans l’ordre. Et les négociations entre les investisseurs et les autorités vont dans le sens d’un règlement, quand en est-il de la santé de la population ? Advienne que pourra semble-t-on dire.
Les Gen Z sont-ils résignés ?
Puis il ne faut pas minimiser que le 25 septembre 2025 dernier, tombait Andry Rajoelina. Les Gen Z, artisans de la chute d’un pouvoir corrompu et incompétent, sont très critiques sur l’évolution de la situation. L’eau et l’électricité ne sont pas encore là, les changements institutionnels voulus sont imperceptibles. Voilà où on est à Madagascar. Quand résilience veut dire résignation.
M.Ranarivao




