
Les taxes sur les véhicules motorisés ; renaissance ignorée de notre marine marchande ; ruée sur le bac français ; possible pétrole nigérian à nos pompes et toujours des rebondissements sans conséquences sur la guerre en Iran.
TVM
Ce qu’il faut retenir, car cela nous rappelle l’odeur du gaz lacrymogène et les fracas de jets de pierre, a pour nom TVM : non Télévision Malagasy, mais les taxes sur les véhicules à moteur. On a annoncé, en effet, que les propriétaires de véhicules à moteur vont être soumis à un nouveau barème annuel de la taxe sur les véhicules, taxe qui s’applique à toutes voitures particulières, motos, scooters, bateaux motorisés et aéronefs immatriculés, et elle est calculée selon l’âge, la puissance fiscale et le type du véhicule. Tout le monde admet que l’État, pour exister, doit prélever des taxes et des impôts, mais le tollé général que cela a soulevé est tel que nos dirigeants ont dû rétropédaler et annoncer le report, sans précision, de l’application de la décision. Les raisons de la colère sont de deux ordres : d’abord, le coût élevé du montant de la taxe à payer, d’autant qu’il est tenu compte de l’âge du véhicule : plus il est ancien, plus la taxe à payer est élevée. « Exemples de taxes selon le type de véhicule et l’âge : les véhicules essence de 1 à 4 CV paient entre 15 000 ariary (moins de 5 ans) et 115 000 ariary (plus de 20 ans), les véhicules diesel de 5 à 9 CV entre 40 000 et 140 000 ariary, et les véhicules hybrides ou électriques de 13 à 15 CV entre 60 000 et 160 000 ariary. Des tarifs particuliers sont également prévus pour les bateaux de plaisance et les aéronefs. » Il est évident que les vieilles voitures, qui constituent l’essentiel du parc automobile du pays, sont les plus accessibles aux revenus modestes et, étant donné la relative pauvreté ambiante, la colère ne peut avoir comme corollaire que le nombre de propriétaires tirant fierté de leurs guimbardes.
Puis, la deuxième raison, qui a autant d’importance que la première : il est question de l’affectation attendue de la taxe. Tout le monde s’accorde sur l’état de délabrement de notre réseau routier et la notion de redevabilité est remise sur le tapis ; et là, nos dirigeants ne peuvent pas se dérober.
Conclusion : les propriétaires de 4×4 V8 rutilantes s’en tirent encore une fois à bon compte.
Bachelier, oui, mais avec un bac français !
Avant, un bachelier ne courait pas les rues, mais maintenant, avoir ce sésame pour un avenir un tant soit meilleur relève d’un banal parcours scolaire. Le mieux, maintenant, pour les jeunes, c’est de prendre la poudre d’escampette et partir à l’étranger, ne pas subir les affres de la survivance à Madagascar ; et la clé pour y arriver, c’est d’obtenir un diplôme reconnu automatiquement à l’international, en l’occurrence le bac français, d’où cette ruée vers le bac français. Ils oublient ou ne savent pas que 70 % des jeunes ont déjà ce diplôme et que, là-bas, il vaut son pesant de papier 80 g/m2.
Pavillon de complaisance, où es-tu ?
Le pétrolier Tsimiroro, le cargo Mananjary ou Gasikara : leur présence sur les mers remonte à la nuit des temps. Oui, notre marine marchande est formée de vaisseaux fantômes. Oui et non : il paraît que nos bateaux sont réapparus sous forme de tankers-fantômes battant pavillon — mais de complaisance malgache. Les armateurs sont inconnus et les équipages ne sont même pas malgaches. Quant à leur cargaison, on le sait : c’est du pétrole russe qui s’esquive de l’embargo dont est victime le pays de Poutine. Mais de tout ceci, motus et bouche cousue de la part de nos responsables maritimes. Et l’on s’échine à trouver des solutions pour faire travailler les jeunes.
Un voan-dalàna de plus
Quand un Malgache revient d’un voyage, il est de coutume qu’il ramène des fruits cueillis lors de son périple. Notre président a emporté dans ses bagages, après sa visite au Nigéria, un pays qui regorge de pétrole, du brut, un premium : il nous a ramené des magnums de carburant à livrer, on ne sait pas quand.
Le même refrain guerrier entre Trump et les mollahs
Cette quinzième semaine de guerre a été marquée par de nouvelles attaques directes entre l’Iran et Israël, puis par des représailles américaines sur le sol iranien, après que Donald Trump a évoqué un accord imminent avec Téhéran, d’abord devenu de plus en plus incertain, avant d’être rediscuté.
Les semaines qui suivent seront rythmées par les matches de la Coupe du monde de football. Bien des nuits de veille encore, et donc des journées de travail somnolentes. On n’y participe pas, mais que voulez-vous : faute de grives, on se contente de merles.
M.Ranarivao




